Idem, p
ment tous les détails que tout contribue et concoure à fortilier l’eflet général'. »
Mais, il faut le répéter avec Cherbuliez, les passions nécessaires à l’art ne sont pas des passions néfastes ; de sorte que :
« Notre raison qui, toujours en guerre avec nos passions, nous reproche souvent nos émotions naturelles comme d’absurdes faiblesse, ne trouve rien à redire à celles que l’art nous donne.
Elle aime tout ce qui est impersonnel et tout ce qui est réglé. « Car si l’œuvre d’art est une œuvre de sentiment, elle est aussi une combinaison de l'esprit. Dionysos, dieu de la vigne et de la poésie dramatique, ne s’enivrait jamais de son vin, et dans ses plus grands excès, il avait jusqu’au bout toute sa tête de dieu. On sait qu’à Delphes, durant trois mois, il remplaçait Apollon et que, confident des destins, lisant dans le passé et dans l’avenir des âmes, il rendait d’infaillibles oracles* ».…
La passion, elle n’est certes pas raisonnable, aussi ne sert-elle que de levain dans l’œuvre d'art; seule elle ne saurait créer :
« Pour mener à bonne fin une œuvre d’art, il faut le concours d'un fou et d’un sage. L'un qui vit d’impressions, voudrait faire passer dans son œuvre tout ce qu’il a vu ou cru voir dans la nature, tout ce qu’il a senti, tout ce qui a touché son cœur et l’a fait rêver. L'autre examine, discute, choisit, accepte ou refuse. C’est le fou qui propose, c’est le sage qui dispose” »... « L'arbre se juge à ses fruits et il n’y a de beauté que dans l’ordre*. » Et encore : « L’œuvre d’art est le produit d’une imagination gouvernée par la raison *. »
Et ainsi Cherbuliez en est amené à modifier un peu la définition de l’esthétique donnée par Pascal et qu’il avait en quelque sorte faite sienne : « Toute œuvre d’art, pouvons-nous dire en nous résumant, est une image composée et harmonieuse, dont la nature ou la vie humaine a fourni l'original, dans laquelle il y a tout ensemble, plus et moins que dans le modèle, et qui nous plaît également et par la réalité que nous y trouvons et par celle qui lui manque.
Mais ici une question se pose. « C’est à la nature que l'artiste emprunte ses modèles, c’est la nature qui lui fournit ses inspirations, et la nature nous appartient autant qu’à lui; elle est à tout le monde et à notre service comme au sien. Que ne faisors-nous