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tique depuis la paix de Prague (1866-1870) paru chez Hachette en 1870, dont nous avons parlé dans un précédent chapitre. C’est là son œuvre maîtresse, celle dont les qualités de logique, de clarté, la documentation, la solidité en un mot ont été surtout louées par les gens du « métier ». Elle est celle également à laquelle les historiens modernes ont fait le plus d'emprunts ; ce qui est à notre avis la garantie la plus probante de vitalité. Ajoutons-y enfin ce caractère étrangement prophétique qu’elle possède. Elle prévoyait même la guerre et celle-ci éclatait avant que le livre ne fût entré en circulation.
Cette œuvre a un mérite très particulier, elle est, pour ainsi dire, le compte-rendu explicatif de la croissance graduelle de cette force avide, l’État prussien se nourrissant de ses voisins puis allant chercher sa pâture de plus en plus loin. C’est l’histoire d’un danger qui se fait sans cesse plus menaçant sans qu'aucun plan concerté ne soit formé pour l’enrayer. Cherbuliez s’était d’ailleurs mis à la tâche sans parti-pris. On peut même dire qu’au début et jusqu’à Sadowa il ressentait assez de sympathie pour ce pays dont il parlait la langue et dont iladmirait tant les philosophes et les écrivains : « Cependant la guerre finie. il changea d'avis : il comprit que l'enfant grandissait trop vite”... »
De 1866 à 1870, c’est une époque intermédiaire, une étape, un temps d'arrêt”. Cherbuliez s’efforce de découvrir dans quelle direction va se produire son eflort de violence. De là son inquiétude. En attendant il parvient à dégager l’unité de l’action et à mettre en lumière les protagonistes qui vont précipiter le drame.
Après Sadowa et les préliminaires de Mikolsbourg que suit la paix de Prague, l’Autriche est exclue de l'Allemagne, la Confédération germanique dissoute. La Prusse annexe le Hanovre, la Hesse- Cassel, le Nassau, Francfort, et forme avec les autres princes d'Allemagne du nord le « Bund » qui deviendra plus tard le Reich. Les États situés au Sud du Mein, Bavière, Wurtemberg, Bade et la moitié de la Hesse-Darmstadt — l’autre moitié étant au nord et faisant partie du Bund—avaient théoriquement leur pleine indépendance. Mais en fait la position de ces États du sud était très délicate. Une grande partie de l’Allemagne voulait l'unité; cette unité se réaliserait le jour où les États du sud accèderaient au Bund. Aussi les pressait-on d’y accéder. Une alliance, dès 1867, était conclue entre