‹ Victor Cherbuliez: Romancier, Publiciste, PhilosopheChapitre 217 sur 298 · Idem · texte numérisé non relu

Idem

générale n’est souvent que l’histoire particulière de quelques familles énergiques ou de quelques individus résolus : Dans ses articles sur l'Allemagne par exemple, un nom revient constamment, celui de Bismarck. Cet homme a hanté l’esprit de Cherbuliez presque toute sa vie. Dans ses romans même, il n’a pu s'empêcher parfois de le citer. Si l’on juxtaposait tous les articles de Valbert qui lui sont consacrés, en les classant chronologiquement depuis Des années d’apprentissage de M. de Bismarck (1° février 1883) jusqu'aux Années de retraite du Prince de Bismarck (1° août 1897) en aurait une biographie de cet homme d'État. Et l’on aurait aussi un exemple de plus de cette littérature biographique si à la mode de nos jours.

Pour conclure, on peut dire que ce qui nuit à l’œuvre historique de Cherbuliez, c’est sont caractère nécessairement fragmentaire. Sa valeur documentaire demeure néanmoins intacte et constitue pour les spécialistes une mine précieuse d'informations. Nous renvoyons encore une fois au chapitre Valbert, publiciste pour plus amples commentaires sur le caractère des articles à tendance historique composés par l’auteur durant sa collaboration active à la Revue des Deux Mondes.

L'œuvre de Cherbuliez publiciste parue dans la Revue des Deux Mondes sous le pseudonyme de G. Valbert est considérable. Vouloir en déterminer l’importance par une étude détaillée fournirait matière à un gros volume. Contentons-nous d’accuser cette importance en touchant à quelques-uns seulement des nombreux problèmes qu'il a exposés et souvent résolus. D’ailleurs, on retrouve Cherbuliez tout entier dans Valbert : le moraliste, l’homme de sens rassis, l'esprit fin et ironique, l’érudit.

Cette fois il trouve sa matière toute faite au lieu d’avoir à la créer, et ses démonstrations n’en sont que plus frappantes parce que saisies sur le vif de l’actualité.

Préférer le romancier au publiciste paraît donc assez oiseux. Émile Ollivier, dans sa réponse à Faguet, lors de la réception de ce dernier en remplacement de Victor Cherbuliez, lui déclara : » Je vous sais gré de nous avoir épargné la comparaison rebattue entre Cherbuliez et Valbert, d’avoir compris qu’il n’y avait pas à choisir entre eux, mais à les préférer également... ».

Utilisant ses talents d'imagination et sa vaste érudition, Cherbuliez fut également à l'aise dans la fiction et [a réalité : « Il a, dit Schérer‘, des lumières sur une foule de sujets... Fort d’une érudition exacte et variée, porté aux généralisations ingénieuses et imprévues, il a mis la grâce et l’éloquence dans la science, la science dans des œuvres éblouissantes d'imagination. » |

Cherbuliez n’a pas signé ses premiers articles; peut-être n’était-il pas encore sûr de l’accueil que réserverait le public à un genre assez nouveau et surtout devait-il ignorer si ses aptitudes étaient bien celles qui convenaient à ce rôle particulier qu'il venait d'assumer. Toutefois quoique non signés ces premiers articles

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