Chapitre : Le roman idéaliste; la tradition idéaliste
auteur romanesque? P. Sirven' trouve que si Cherbuliez n’a pas su mieux employer son temps « c’est tant pis pour nous. Si nous étions plus jeunes nous n’en voudrions pas à M. Cherbuliez de manquer de profondeur. Et nous le remercierons d’avoir conservé au roman son caractère essentiel, le romanesque... »
À. Beaunier estime que l’auteur eut raison de se cantonner dans ce genre et en somme, puisqu'il avait décidé de vivre de sa plume en écrivant des fictions, on ne saurait lui faire un grief de rechercher le succès. « Cherbuliez à vrai dire était aidé dans son entreprise par le fait que le roman romanesque plaît toujours et principalement quand il a l’air de passer de mode”... »
Finalement, s’il a choisi ce genre où il a réussi, c’est après tout, nous dira M. A. Bellessort, parce que son esprit naturellement allègre s’en accommodait le mieux : « Mais, même aux jours où il inclinait vers le pessimisme, il n’était jamais dur. De tous nos sentiments, disait-il, la pitié est peut-être celui qui nous trompe le moins. En art, à ceux qui cherchaient la nouveauté, il conseillait la sincérité : Ce qui est sincère, écrivait-il, est toujours neuf : quiconque exprime ce qu'il a senti, met sur le papier sa vie qui n’est qu’à lui. Je crois qu’il a mis dans ses romans, — comme dans ses essais, — le meilleur de son esprit et de son cœur, et je ne serais pas étonné qu'il eût été dans la vie un homme romanesque, car ce mot de romanesque peut être le synonyme de courage et de noblesse accompagnés d'élégance. C’est le sens qu'il a très souvent dans son .œuvre* ».