‹ Victor Cherbuliez: Romancier, Publiciste, PhilosopheChapitre 247 sur 298 · G. Lanson. Littérature française, p · texte numérisé non relu

G. Lanson. Littérature française, p

de Tourgueneff Forienta vers l’étude psychologique qui le passionna constamment par la suite, celle de ces âmes troubles qui offrent le mieux l’image accentuée d’un confit, ce qui pour le partisan de Pécole d'énergie qu’il était, devait être le champ le plus fructueux de ses enquêtes. « La nature slave », lui dit Renan, « vous frappa tout d’abord*. »

Et il ajoutait : « Avec Tourgueneff, vous aimez à vous perdre dans cet abîme d'imprévu. » Cherbuliez subit cette mode comme bien d’autres et sut l’exploiter pour son plus grand profit en tant qu'écrivain. [s’est trouvé par aïlleurs qu'ayant sa matière sous les yeux pour ainsi dire, il eut la bonne fortune de pouvoir l’étudier directement : « Il savait beaucoup et dans beaucoup de langues », dira Émile Ollivier sur sa tombe, et Faguet renchérira encore : « Sachant lire dans toutes les langues de l’Europe ou presque. Il avait sans cesse à l'esprit la façon de raisonner et de déraisonner de tous les peuples. » Son talent particulier, toutefois, fut à notre avis de s'être, grâce à la tournure philosophique de son esprit, passionné pour l’homme en général et ceci malgré Les particularismes de frontières.

Plus tard devenu publiciste, il devait continuer à appliquer dans un autre genre sa connaissance de létranger : « Personne », dit encore Faguet, « ne connaissait l’Europe mieux que Cherbuliez. » Critique averti, 1l put Imterpréter les gens et les événements réels avec le jugement même dont il s'était servi pour les types qu’il avait su rendre vivants dans son œuvre de pure fiction : « Ses portraits de Bismarck et de Lord Beaconsfeld » a écrit M. À. Bellessort, « n’ont pas pâli.. »

En glanant parmi les pages des romans de Cherbuliez, on peut établir comme un petit traité de géographie humaine des peuples étrangers et de leur esprit. Voici d'abord les pays allemands : Il nous apprend que « les cœurs germaniques frissonnent à meilleur compte que les autres, que cela se passe à fleur de peau sans tirer à conséquence et que l’imagination fait le reste » (Méta Holdenis, p. 149). Que dire de ce sentimentalisme attendrissant? : « Il y a anges et anges. Ceux qu’on voit en Allemagne ne ressemblent pas aux autres; leurs yeux... promettent dans une langue mystique des plaisirs qui ne le sont pas » (1d., p. 19).

H faut pour apprécier le Gemült aller là-bas, apprendre à savourer le vague à l’âme « sous la pesanteur d’un ciel éternellement gris qui

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