‹ Victor Cherbuliez: Romancier, Publiciste, PhilosopheChapitre 249 sur 298 · E. Montégut. Revue des Deux Mondes, mai · texte numérisé non relu

E. Montégut. Revue des Deux Mondes, mai

2. N. M. Butler. Address to the students of Columbia University, New York, 12 octobre 1934.

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le meilleur, l’invente au besoin pour en faire profiter autrui. La philosophie de Platon et des Idéalistes anciens était fructueuse parce qu'elle se communiquait sous forme d’exhortations. M.Marcel Prévost, qui a connu Cherbuliez dans sa vieillesse, a eu l'impression en sa présence de se retrouver devant un de ces anciens sages inspirateurs de la jeunesse : « Je demeure sous le charme de la parole aisée, nombreuse, savante, simpleen même temps etamicale, qui faisait oublier les heures, suggérait le rêve de je ne sais quels jardins d'académie où un sage aux cheveux blancs enseignait aux jeunes hommes les beautés de la nature et les éternelles vérités‘. » Qu'il nous soit permis de citer un passage de Camille Bellaigue : « Il y a tant de manières d'être un ancien! On peut l'être jusqu’en des récits romanesques, imaginaires et contemporains. M. Cherbuliez l’a été ainsi et cela par la subordination de son œuvre à une vertu intellectuelle et morale qui gouverna toujours l'esprit et l’âme antique : la Sagesse. Avant tout, plus que tout, plus qu’ingénieux, spirituel, éloquent et poète, M. Cherbuliez est sage?. » Quand on fait de l’idéalisme (érigé en doctrine philosophique) un système « résidant dans la négation de la réalité individuelle des choses distinctes du moi et n’en admettant que l’idée », on lui fait tort. Ce n’est pas nier la réalité mesurable que d’essayer d’en dégager l’essence, les grandes vérités-lois. Louis Ducros dans son analyse des Causeries athéniennes, l’œuvre la plus profondément idéaliste de Cherbuliez, dit de lui : « … Il sait que le cheval de Phidias était un cheval barbe élevé à Athènes à l’époque de Périclès. En le lisant, un réalistelui-même pourrait se déclarer satisfait, tant il y a chez lui de documents authentiques ; mais à l'inverse des réalistes, il n’oublie pas l'essentiel : l’âme des choses; il sait que la vérité n’est ni dans l’idéalisme, ni dans le réalisme, et que marier l'idéal et le réel est non seulement un principe d'esthétique mais aussi le premier et le plus grand commandement en littérature”. » Il ne s’agit pas de faire le procès des écoles, mais de reconnaître à la vie de l'esprit la part qui lui est due. Brunetière dans son article intitulé Revues littéraires est beaucoup plus agressif, mais n'était-ce pas là sa marque? : « Or, je suis présentement en train de croire que l’idéalisme dans le roman, dans l’art, pourrait bien consister tout simplement à avoir des idéés, et inversement le naturalisme

4. Discours prononcé au nom de la Société des Gens de Lettres sur la tombe de Victor Cherbuliez.

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