F. Strowski, déjà cité
2. Histoire de la litlérature française, Petit de Julleville, t. VIN.
pas : c’est ce qui relève pour lui la saveur du morceau... » C'est une mode qui se lance et n’est pas près de finir : « Presque tous les romans réalistes vers 1852 contiennent un portrait de bourgeois ridicule’. » Prud'homme va devenir la cible de l'écrivain-artiste de la fin du romantisme, comme son descendant Homais excitera à son tour la verve et provoquera les risées des vrais réalistes, comme de nos jours les nouveaux riches donneront prise à l'ironie des gens de lettres. Alors comme à présent le mépris de ceux que Matthew Arnold appelait les Philistins servait de lettres patentes à l’esthète, au dramaturge et au romancier : « J’appelle bourgeois quiconque pense bassement » (Flaubert).
En vain Cousin déclarera : « que le seul objet de l’art est le beau? », que : « la fin de l’art est l'expression de la beauté morale à l’aide de la beauté physique* », qu'il affirmera : « Si je vaux quelque chose c’est par l'admiration de ce qui est beau‘. »
En vain on sévira contre les desservants du nouveau culte du beau esthétique irrespectueux de la moralité moyenne ; la réaction sera pour eux la meilleure des publicités : « Les Goncourt allèrent s'asseoir sur les bancs de la correctionnelle (février 1853); Flaubert dut subir la même aventure (février 1857) et Baudelaire quelques mois après passa par les mêmes transes. Les magistrats tenaient l'emploi de critique littéraire. Le procureur impérial accusa Baudelaire de réalisme. Le substitut Pinard stigmatise le réalisme. Le jugement qui acquitta Flaubert déclare : L'ouvrage déféré au tribunal mérite un blâme sévère, car la mission de la littérature doit être d’orner et de récréer l'esprit en élevant l'intelligence et en épurant les mœurs, plus encore que d’inspirer le dégoût du vice en offrant le tableau des désordres qui peuvent exister dans la société. Dès 1851 on institue des prix de 5.000 et 3.000 francs en faveur des ouvrages dramatiques qui auront satisfait à toutes les conditions désirables d’un but moral et d'une exécution brillante*. »
La vogue était décidément à l’idéal de beauté et le romantisme dut s’y conformer : « Le romantisme c’est l’expression la plus récente de la beauté », disait Charles Baudelaire, et encore à propos de Gautier : « Heureux, il n'aime que le beau! ».
4. Le roman romanesque sous le Second Empire jusqu'en 1870, Martino. 2. Revue des Deux Mondes, 1845, t. II.