Psychologie contemporaine. Essai sur Renan, P. Bourget
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un nombre respectable d’adhérents : Guyau, déjà nommé, a tenté de constituer une mystique de la sociologie; Ravaisson « a ramené l'attention sur les problèmes métaphysiques; Lachelier. répandit le goût des hautes spéculations. Théodule Ribot, véritable fondateur de la psychologie expérimentale, fut le chef de l’école formée autour de la, Revue philosophique, puis développée par Pierre Janet et Georges Dumas, et il travailla à sa façon, en montrant le rôle de la vie subeonsciente, à faire rentrer la notion d'énergie spirituelle dans les études philosophiques'. »
Emile Boutroux par là grande influence qu'il exerça détacha encore davantage la philosophie de la conception prévalant à l’époque précédente, d’un système rationaliste qui réduisait les phénomènes moraux à des phénomènes physiologiques. Henri Bergson enfin, d’abord spencérien et mécaniste, parvint, en particulier dans son Évolution Créatrice, à imposer un spiritualisme nouveau.
La philosophie de Bergson, disciple de Boutroux, lui-même élève de Lachelier, représente l'aboutissement de ce mouvement à tendance idéaliste. IL est juste de faire observer toutefois que nourri de fortes études scientifiques, il ne s’est jamais arrêté à ces vaines doctrines qui se réclament de la tradition simplement parce que la réalité est par elles invariablement supprimée au profit de l'idée pure. Le pragmatisme d’un Vacherot pour qui la pensée humaine seule existe, explique Dieu aussi bien que le réel par un mécanisme psychique. C’est habillée, selon la mode moderne, la vieille doctrine de Protagoras qui voit dans l’homme la mesure de toutes choses.
Bergson, lui, est véritablement idéaliste en ce qu'il croit que la réalité ultime est d'ordre mental, mais il est persuadé aussi que la connaissance peut déterminer la réalité et ainsi sortir du domaine de l’intellect. En cela il est réaliste.
L’accord entre la réalité et l’idéal semble avoir été accompli par conséquent en philosophie ; et nous verrons que cela a été également la tendance prédominante dans la littérature contemporaine.
Mais l’idéalisme, prenant sa revanche au lendemain de la banqueroute du naturalisme, devait lui aussi trouver son dogmatisme et faire montre de manque de conciliation. Nisard avait autrefois donné en critique littéraire la mesure du fanatisme étroit dont l’école idéaliste est capable. Brunetière à son tour et à son heure fit preuve d’intransigeance. Il fut idéaliste parce qu'il affirma avec