Causeries du lundi, t. IN, portraits lilléraires
4, Historiens français du XIXe siècle, Introduction, p. Lxxxvin, C. Jullian. 5. Essais de morale et de crilique.
groupe des historiens philosophes, ‘et si cela est admis on sera forcé de reconnaître l’importance de la ‘tradition idéaliste dans ce domaine.
Sa conception historique est idéaliste en effet autant qu'idéologique : « Les événements et les personnages sont d'importance secondaire, alors que partout l'intérêt principal se forme autour des idées dont les événements et les circonstances extérieures sont pour ainsi dire comme le symbole et l’expression'. » Le souci du fait historique fut, bien entendu, maintenu par Thiers qui complète Guizot.
Quelques remarques maintenant sur l’aspect politique du problème : Jules Simon doit à notre avis servir d'exemple de cet esprit de libéralisme qui persistait depuis 1848 : « Le libéralisme obstiné qui fut la note dominante de sa vie publique avait un fondement dans ses convictions philosophiques. 11 crut en politique aux idées et aux principes... Et ces principes étaient ceux qui se déduisaient de la philosophie de Cousin...* »
… « Le livre qu’on va lire est un livre de morale... telle est la première ligne de la préface de L'Ouvrière. Ce même livre s'achève sur une profession de foi spiritualiste”. »
En 1848, qui amena le triomphe de la petite et de la moyenne bourgeoisie sur la grande, l’évolution politique correspondit très exactement à celle de l’évolution réaliste; mais bientôt une école politique de l'idéal se constitua, prit figure de réaction. « Elle inscrivit dans son programme tout ce qui était de nature à réveiller les généreux élans de 1848 : régionalisme..., organisations ouvrières... esprit de fraternité, de liberté, de justice... »
Deux courants apparurent : « l’un inspiré d’'Hegel qui rapportait tous les changements de l’histoire jusqu'aux plus matériels aux métamorphoses de l’'Idée; l’autre qui vient de Marx les faisait dériver tous, jusqu’à ceux qui ont le caractère le plus intellectuel de l’état économique‘ ». Mais ce dernier lui-même finit par se réclamer de l'idéal. E. Rod dit à ce sujet : « M. Eugène Fournière, qui a dû s'inspirer de Liebnecht, dans un article publié dans La
À. D'après Mémoires pour servir à l'histoire de mon temps (1838-1867).
2. Littérature française, &. VIII, p. 448. Petit de Julleville.
3. Histoire contemporaine des lettres de 1885 à 1915. Florian-Parmentier (Figuière et Cis).