‹ Victor Cherbuliez: Romancier, Publiciste, PhilosopheChapitre 268 sur 298 · EE APTE · texte numérisé non relu

EE APTE

Parmi les romans qui ont remporté un gros succès auprès du public, surtout féminin (celui qui fournit aux écrivains idéalistes la majorité de leurs lecteurs), il convient de citer :

Les Lettres à Françoise (deux séries, 1902, 1919) ; Les Vierges fortes (1900).

Dans ceux-ci au moins on trouve une élévation de sentiment et même une pureté qui les désignent comme appartenant en propre à la tradition.

René Boylesve, comme beaucoup de romanciers psychologues, ne semble pas pouvoir se défendre d’un certain pessimisme d’origine néanmoins nullement naturaliste. Citons de lui :

Mademoiselle Cloque (1899) ; La Becquée (1901);

L'Enfant à la Balustrade (1903) ; Le Bel Avenir (1905);

La jeune fille bien élevée (1912).

La « grâce sentimentale » dont parle M. Prévost, l’élégance et le charme que conseillait Sainte-Beuve en rehaussent le mérite.

Il est certain que pour le plus grand nombre des romanciers psychologues l’optimisme n’est guère en évidence. E. Rod, dont il a été question précédemment et que l’on range souvent parmi les auteurs du groupe présentement oublié, a écrit des livres empreints de mélancolie et de tristesse. E. Estaunié, romancier philosophe, accuse encore davantage cette tendance. « Ses derniers romans ont montré avec quel bonheur l’idéalisme s’allie chez ce psychologue aux dons d’observation précise et rigoureuse”. »

Signalons surtout entre autres œuvres :

La Vie secrète (1908);

L'Ascension de M. Baslèvre (1920) ; L'Appel de la route (1921);

L'Infirme aux mains de lumière (1923).

On a eu l’idée originale de représenter les trois grandes forces de réaction contre le naturalisme par trois B : Brunetière, Bourget, Barrès. Des deux premiers, il a déjà été question. De Barrès on peut dire qu’il a su aller de pair avec son temps et exalter les esprits d’une jeunesse ardente en se « faisant le peintre des traits

Page 1