‹ Victor Cherbuliez: Romancier, Publiciste, PhilosopheChapitre 27 sur 298 · Ecrivains nationaux, première série · texte numérisé non relu

Ecrivains nationaux, première série

2. Temps, du samedi 27 mai 1882 à propos de la réception de Cherbuliez à l’Académie, article par E. Schérer.

n'y à aucun doute. Son livre’ est farci de citations de Tirso de

Molina, de Lope de Vega, de Calderon et de Cervantes. Son intérêt n'était d’ailleurs pas réservé aux seuls classiques :

« J’ai pu déjà me convaincre avant d’aller en Espagne que la littérature n'y est pas aussi morte qu’on est tenté de le croire en deçà des Pyrénées. J’ai lu quelques romans tout récens qui ne sont pas sans vérité; ce qui m'a le plus frappé c’est une comédie en vers El tanto por ciento, de Ayala, représentée à Madrid pour la première fois il y a sept ou huit ans, qui est un chef-d'œuvre remarquable, plein de grâce et d'esprit? ».

De l’histoire de l'Espagne il avait lu sans doute l'essentiel et était au courant des derniers ouvrages marquants. Il cite entre autres les « remarquables études de M. Charles de Mazade réunies dans deux volumes intitulés : L'Espagne Nouvelle et les Révolutions de l'Espagne contemporaine ». Et il ajoute : « Ces deux ouvrages jouissent à Madrid même d’une juste réputation ».

Il s’est inspiré du Pamphlet et des Mœurs politiques en Espagne par Gustave d’Alaux*. Mais encore qu'il paraisse dans ses articles singulièrement libre, pour ce qui est du peuple espagnol, de ses coutumes et de ses institutions, des préjugés, lieux communs et poncifs de tous temps en vogue, on peut se demander si indépendamment de sa documentation générale de nature purement livresque il a possédé avant comme après son voyage une connaissance véritable des choses et des gens de la péninsule ibérique. Comme collaborateur à la Revue, il n’a en effet, « parlé que deux ou trois fois de l'Espagne, celle de la politique, celle de la littérature avec le poète don Serafin Estebañes* ».

Les articles que Cherbuliez écrivit parurent du 1° septembre au 15 décembre 1873. Ils furent réunis en volume, L'Espagne poltique (1868-1873) paru en 1874.

Mais entre temps les événements avaient marché vite et l’auteur se vit obligé d’ajouter un appendice, daté du 14 février 1874. Aurait pu faire suite au livre paru forcément trop tôt pour raison d’actualité un dernier article de lui sur ce même sujet : La Restauration du roi Alphonse XII en Espagne”.

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