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ancien étudiant, n’ayant jamais oublié le quartier latin ni l’Odéon, qui relit « tous les deux ans...les œuvres complètes de Victor Cherbuliez et d’Anatole France, les deuxseuls prosateurs qui avaient su écrire en français depuis Paul-Louis Courier. » L'auteur voulant faire entendre par là, probablement que ce vieux scholar avait le goût de la prose artificielle. M. Strowski fait de Cherbuliez « conteur spirituel et essayiste avisé », le dernier représentant du roman mondain tel que l’ont pratiqué sous l’Empire Amédée Achard, Elie Berthet ou Daniel Sterne‘. » M. René Lalou écrit des romans de Cherbuliez, qu’ils gardent « dans leur alternance de péripéties romanesques et de causeries brillantes, le charme d’un About, qui, même sur le boulevard, n’oubliait pas Genève”. »
Mais Cherbuliez gardait en outre ses fidèles, M. Paul Bourget le cite, avec George Sand, Feuillet, Ferdinand Fabre, parmi les romanciers d'analyse’. M. Henri Gérard emprunte à Paule Méré l’épigraphe de sa thèse sur Emile Deschamps. Mais beaucoup plus important estle fait que ses livres qui ont eu peu de débit, comparés à ceux de quelques romanciers fameux, ont pourtant joui d’une vente continue. Autre chose : les premières éditions de ses livres ou simplement les premiers tirages, sans valeur spéciale sur le marché des livres d'occasion jusqu'en 1914, commencent à être rares et fort recherchés, excellent symptôme. Ce n’est pas être atteint à aucun degré du morbus biographicus que de prévoir pour Cherbuliez, pendant bien des années encore, beaucoup de lecteurs et d'amis avant qu'il n'entre définitivemant, selon le mot de Sainte-Beuve, « dans ce demi-jour de l’histoire littéraire qui n’est pas tout à fait un tombeau. »
Fixons une dernière date dans l'histoire de l’œuvre de l’auteur, celle de 1929, année où se célébra à Paris d’abord, à Genève ensuite, son centenaire. Par quoi se manifeste sa survivance? : « C’est », écrit Robert de Traz, « grâce au romanesque que, de son vivant, Cherbuliez a réussi. Gent ans après sa naissance, c’est par ce qu’il a dit, non d’ingénieux, mais de vrai qu’il nous intéresse*. » Albert Thibaudet, qui le goûtait peu, tout en soulignant le manque d'intérêt dont fait montre envers lui le public actuel, reconnaît que par certaines de ses œuvres fortement construites il a encore des droits sur la postérité :