‹ Victor Cherbuliez: Romancier, Publiciste, PhilosopheChapitre 275 sur 298 · Nouvelles littéraires, 19 juin · texte numérisé non relu

Nouvelles littéraires, 19 juin

« Si les dialogues restent probablement le meilleur de la production de Cherbuliez, c’est cependant par ses romans qu'il s’est fait surtout connaître. Ce sont ses romans qui lui ont valu sa réputation flatteuse, et aussi, plus tard, cette figure mélancolique de l’oublié qui attire aujourd’hui sur les lèvres quand on parle de lui, cette remarque : En voilà un par exemple, qu’on ne lit plus guère!

«À vrai dire, il avait eu letort de se survivre un peu à lui-même, et ses dernières œuvres, aussi bien des romans qu’un livre d’esthétique, génèrent ses amis par leur médiocrité et leur apparence manifeste de fond de tonneau. Cependant Le Comte Kostia et L’Aventure de Paule Méré supportent encore fort bien la lecture, donnent à un degré remarquable l’impression de solidité et de bon travail des meubles du Second Empire. Ils en ont aussi la manière contournée et démodée". »

Mais quel est en somme le rôle du romancier? Celui, que beaucoup jugeront modeste et qui pourtant n’est pas sans son utilité, celui d’amuseur. « Ses débuts », a dit autrefois Brunetière, « furent éclatants. et pendant trente-six ans le romancier soutenait l'éclat de ses débuts”... »

M. André Bellessort, qui représenta la France aux cérémonies de Genève, a pu écrire à son tour :

Le Comte Kostia avait paru dans La Revue du 1° juin au 1° août 1862. Le dernier roman de Cherbuliez Jacquine Vanesse y parut du 15 décembre 1897 au 15 février 1898. Pendant trente-six ans, il fut ce bienfaiteur : un romancier qui sait exciter la curiosité des lecteurs, la tenir en haleine et la satisfaire après l'avoir charmée”.. »

Un tiers de siècle après sa mort ce brevet d’excellent raconteur lui reste. Et cela c’est bien quelque chose.

1. Le centenaire de V. Cherbuliez, À Thibaudet. Candide, 30 mai 1929. 2. Discours pour les obsèques de V. Cherbuliez, 4 juillet 4899.

3. Revue des Deux Mondes. Livre du Centenaire. Cent ans de vie française, A. Bellessort, 1929.

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