Cité par le Temps, 3 juillet
déclaré Faguet, le bonheur là où il se trouve; dans le travail, était désemparé. A un de ses amis il écrivait ces lignes désolées :
« J'ai une vieillesse dure jusqu’à la cruauté » ‘.
Ce ne fut que le 3 juillet que le Journal des Débats annonça la nouvelle de sa mort. Le lendemain le même journal publiait un article nécrologique écrit par André Beaunier.
Le corps fut ramené à Paris à l'appartement de larue de Tournon, résidence dé Cherbuliez, et les obsèques eurent lieu le mardi 4. Le ministre protestant Hollard récita les prières des morts dans lappartement même, puis le cortège se forma pour se rendre au cimetière Montparnasse où devait avoir lieu l’inhumation. Cherbuliez étant depuis le 5 janvier 1892 officier de la Légion d'honneur, un piquet d'infanterie rendit les honneurs.
Les personnalités les plus marquantes du monde des lettres suivirent le convoi. Citons :
« Les cordons du poêle étaient tenus par Emile Ollivier, directeur en exercice de l’Académie française, Ferdinand Brunetière, M. Marcel Prévost, président de la Société des gens de lettres, Gaston Boissier, secrétaire perpétuel de l’Académie. On remarquait dans l’assistance : (raston Paris, Gérard, Vandal, Henry Houssaye, Deschanel, De Vogüé, Ludovic Halévy, Sully-Prud'homme, Mézières, d’Havssonville, Sorel, Sardou, Janet, Gabriel Séailles, Darboux de Varigny, Roujon, Edouard Rod, Francis Charmes, Georges Picot, Paul Hervieu, etc. Au cimelière, sous la pluie qui tombait, Emile Ollivier, dans une improvisation chaleureuse, expliqua pourquoi « nous admirions et nous aimions Victor Cherbuliez ». Il s’avançait, dit-il, dans la renommée « avec discrétion, comme avec crainte, de peur que le bruit de ses succès n’effarouchât les autres ».
Brunetière, dans un discours qui fut publié dans la Revue des Deux Mondes du 15 juillet suivant, ne résumait pas seulement en quelques brèves formules très heureuses, tout ce qu’il fallait dire du romancier et de l’essayiste; son discours exprimait avec une évidente sincérité et plus d'émotion qu’il n’est accoutumé en ces cérémonies le regret que lui causait la perte d'un homme dont « l'ingénieuse amitié ne s'était pas démentie une fois en vingt-cinq ans, et qui l'avait « en plus d’une circonstance difficile, soutenu, encouragé, guidé ». Brunetière, toutefois, commit l’erreur d’écraser Cherbuliez dans ce discours en rapprochant son nom de celui de Flaubert. La surprise fut le discours de M. Marcel Prévost. Ceux