‹ Victor Cherbuliez: Romancier, Publiciste, PhilosopheChapitre 48 sur 298 · CO =1 © O7 M © N · texte numérisé non relu

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que personne nous obliger à nous livrer à notre propre insu aux lectures les plus sérieuses’. N'est-ce pas là précisément ce qu’on pourrait appeler avoir du charme ?

Or le charme n’est possible que si le style possède du naturel. On pourrent donc affirmer que le naturel ne fut pas chez Cherbuliez étoufté par les défauts dont on lui a par ailleurs fait reproche : préciosité, manque de spontanéité, trop de soin (ou de toilette, comme il a été dit), pédantisme même. |

« Montégut admirant l’ordonnance de cette fantaisie dialoguée qu'était Le Cheval de Phidias, jugeait que le style manquait de spontanéité. Eugène Rambert y voyait trop de reflets et de chatoiements. Gustave Merlet après avoir caractérisé cette langue « aussi nerveuse, aussi leste, aussi merveilleusement domptée quele fameux cheval barbe élevé dans la république de Platon », après avoir indiqué aux amateurs qu'il y a là des prodiges de haute école, observe pourtant que cette perfection même est inquiétante. Il compare ce style « qu'on peut regarder à la loupe », au mécanisme délicat et compliqué de ces montres qui font la renommée de l’horlogerie genevoise. Il souhaiterait volontiers d’heureuses négligences, un peu d'abandon, un tour plus naïf et des traits plus spontanés* ».

Mettons que Cherbuliez ait souvent forcé le ton, qu’il n’ait pas toujours su changer de style pour la plus parfaite convenance du sujet. Ceci est un défaut, et nous y reviendrons dans l'étude de son style considéré du point de vue du « métier »; mais c’est aussi une preuve de continuité dans la manière d’écrire de l'auteur, de naturel dans son talent : « Cherbuliez n’avait pas deux styles, celui de ses romans et celui de ses essais. Le lecteur passe avec aisance des uns aux autres... Au reste, il avait une manière si personnelle qu'une page de lui se distingue immédiatement et que si telle n’était pas signée l'attribution pourrait lui en être faite avec certitude? ».

On a souvent fait allusion au petit jeu de société qui consistait à retrouver au milieu de citations disparates des lignes venant véritablement de Cherbuliez. Et il paraît que la chose était des plus faciles. C’est qu’en effet la pensée de cet auteur avait une tournure qui lui était personnelle, pensée formant un tout, une « merum sal »,

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