‹ Victor Cherbuliez: Romancier, Publiciste, PhilosopheChapitre 56 sur 298 · Le Grand Œuvre, p. 104. etc · texte numérisé non relu

Le Grand Œuvre, p. 104. etc

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Les procédés mécaniques d’intrigue auxquels Cherbuliez a sans cesse recours abondent eux aussi. D’abord, le temps d'attente : Le héros est soumis à l’épreuve du temps afin qu'il puisse se montrer digne de celle qu’il a généralement cessé de mériter.

«Deux mois sont bien vite passés... M1 Maulabret est à vous‘. »

« Si vous êtes trois ans sans lui écrire ?... »

« Nous sommes le premier septembre. Si l’an prochain à pareille date“... »

Cette idée si souvent exprimée dans ses romans nous fait supposer que cela peut fort bien n’être qu'un souvenir biblique. N'oublions pas le milieu foncièrement religieux où Cherbuliez fut élevé : « Jacob avait servi sept ans pour mériter Rachel“ ». À moins que ce ne soit le souvenir très réel de l’épreuve à laquelle le soumit sa famille. Cette dernière l’envoya jeter sa gourme à Paris pour essayer de lui faire oublier la jeune fille dont il devait finir par faire sa femme. ,

A tout prendre ce procédé est en somme éminemment caractéristique des romans romanesques, spécialité de notre auteur.

Il y a aussi le procédé de la femme qui veut épouser un personnage impossible, quoiqu’elle aime ailleurs, et ceci par simple dépit. Naturellement ce mariage absurde n’a jamais lieu.

« Quand il apprendra que j'épouse M. Mofrin, il sera désolé, furieux 5. » « Puisqu’il y a dés gens qui font semblant de vous aimer et qui s’en vont en Afrique °. »

Plus franchement romanesque est le procédé du cheval qui s’emporte et du héros qui se trouve là à point nommé et qui le maîtrise :

« Au même instant le cheval de l'inconnue buta et lui fit perdre {es arçons ?. »

« Arrivé au point culminant le cheval prit peur, se cabra... Didier se jeta d’un bond à la tête du cheval. »

. Noires et Rouges, p. 279.

. Vocation du Comte Ghislain, p. 393.

. Jacquine Vanesse, p. 39,

. Après Forlune faite, p. 100.

. Le Secret du Précepteur, p. 152.

. L'idée de Jean Téterol, p. 204.

. Prosper Randoce, p. 25.

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Relevons le procédé du tir dans lequel le personnage sympathique fait montre d’une merveilleuse adresse :

« Je suis de première force au pistolet. »

«I avait déchargé sur un caillou à quarante pas de distance deux coups de revolver et avait mis deux balles dans le blanc?. »

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Évidemment il est difficile à un Suisse d'oublier Guillaume Tell.

Il y a le procédé du sang versé, mais tout juste ce qu'il faut pour donner au personnage fantasque, toujours dépeint, l'horreur de sa folie et lui faire concevoir les plus amers remords :

«Il prit sur la table un couteau de chasse... marcha sur Séverin. Dans la lutte 1l lui fit une entaille à la main *.»

« Dans sa chute sa tête porta contre l’angle de la cheminée, le sang Ju 2

Le procédé de la conversation entendue par hasard est fréquent :

« Comme il passait devant le café du Commerce, il entendit prononcer quelques mots qui le firent s’arrêterÿ. »

« Il aperçut dans la salle à boire deux hommes... »

Celui de l’épreuve de lanimal méchant que l’on brave pour s’attirer l’attention d’une belle indifférente est également à noter :

« Mais peu à peu le louveteau était devenu féroce 7... »

La tâche en apparence impossible etnéanmoins accomplie revient souvent :

« Elle lui montra du doigt une touffe d’œillets qui croissait dans l’interstice de deux moëllons, quarante pieds au-dessus du sol...»

« Le cheval se cabra, rua, fit les cent coups, mais quand il se fut convaincu qu'il ne pouvait me démonter, sa fougue s'apaisa ?. »

La tentative avortée de suicide fait partie de ces procédés qui se répètent :

« J'avais sous la main un flacon d’aconit t°. »

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