Le Grand Œuvre, p. 104. etc
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Les procédés mécaniques d’intrigue auxquels Cherbuliez a sans cesse recours abondent eux aussi. D’abord, le temps d'attente : Le héros est soumis à l’épreuve du temps afin qu'il puisse se montrer digne de celle qu’il a généralement cessé de mériter.
«Deux mois sont bien vite passés... M1 Maulabret est à vous‘. »
« Si vous êtes trois ans sans lui écrire ?... »
« Nous sommes le premier septembre. Si l’an prochain à pareille date“... »
Cette idée si souvent exprimée dans ses romans nous fait supposer que cela peut fort bien n’être qu'un souvenir biblique. N'oublions pas le milieu foncièrement religieux où Cherbuliez fut élevé : « Jacob avait servi sept ans pour mériter Rachel“ ». À moins que ce ne soit le souvenir très réel de l’épreuve à laquelle le soumit sa famille. Cette dernière l’envoya jeter sa gourme à Paris pour essayer de lui faire oublier la jeune fille dont il devait finir par faire sa femme. ,
A tout prendre ce procédé est en somme éminemment caractéristique des romans romanesques, spécialité de notre auteur.
Il y a aussi le procédé de la femme qui veut épouser un personnage impossible, quoiqu’elle aime ailleurs, et ceci par simple dépit. Naturellement ce mariage absurde n’a jamais lieu.
« Quand il apprendra que j'épouse M. Mofrin, il sera désolé, furieux 5. » « Puisqu’il y a dés gens qui font semblant de vous aimer et qui s’en vont en Afrique °. »
Plus franchement romanesque est le procédé du cheval qui s’emporte et du héros qui se trouve là à point nommé et qui le maîtrise :
« Au même instant le cheval de l'inconnue buta et lui fit perdre {es arçons ?. »
« Arrivé au point culminant le cheval prit peur, se cabra... Didier se jeta d’un bond à la tête du cheval. »
. Noires et Rouges, p. 279.
. Vocation du Comte Ghislain, p. 393.
. Jacquine Vanesse, p. 39,
. Après Forlune faite, p. 100.
. Le Secret du Précepteur, p. 152.
. L'idée de Jean Téterol, p. 204.
. Prosper Randoce, p. 25.
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Relevons le procédé du tir dans lequel le personnage sympathique fait montre d’une merveilleuse adresse :
« Je suis de première force au pistolet. »
«I avait déchargé sur un caillou à quarante pas de distance deux coups de revolver et avait mis deux balles dans le blanc?. »
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Évidemment il est difficile à un Suisse d'oublier Guillaume Tell.
Il y a le procédé du sang versé, mais tout juste ce qu'il faut pour donner au personnage fantasque, toujours dépeint, l'horreur de sa folie et lui faire concevoir les plus amers remords :
«Il prit sur la table un couteau de chasse... marcha sur Séverin. Dans la lutte 1l lui fit une entaille à la main *.»
« Dans sa chute sa tête porta contre l’angle de la cheminée, le sang Ju 2
Le procédé de la conversation entendue par hasard est fréquent :
« Comme il passait devant le café du Commerce, il entendit prononcer quelques mots qui le firent s’arrêterÿ. »
« Il aperçut dans la salle à boire deux hommes... »
Celui de l’épreuve de lanimal méchant que l’on brave pour s’attirer l’attention d’une belle indifférente est également à noter :
« Mais peu à peu le louveteau était devenu féroce 7... »
La tâche en apparence impossible etnéanmoins accomplie revient souvent :
« Elle lui montra du doigt une touffe d’œillets qui croissait dans l’interstice de deux moëllons, quarante pieds au-dessus du sol...»
« Le cheval se cabra, rua, fit les cent coups, mais quand il se fut convaincu qu'il ne pouvait me démonter, sa fougue s'apaisa ?. »
La tentative avortée de suicide fait partie de ces procédés qui se répètent :
« J'avais sous la main un flacon d’aconit t°. »