‹ Victor Cherbuliez: Romancier, Publiciste, PhilosopheChapitre 6 sur 298 · Journal de Genève · texte numérisé non relu

Journal de Genève

4, Buloz et ses amis, E. L. Pailleron.

Il avait épousé en 1795, Charlotte Bérenger, fille de Jean-Pierre

Bérenger, publisciste moins abondant qu’Isaac Cornuaud avec lequel, d’ailleurs, il eut des polémiques : il n’écrivit qu’une quarantaine de brochures. Mais on lui doit, en outre, une grande Histoire de Genève, en six volumes, dont Ritter nous assure que les derniers ont conservé quelque intérêt. Bérenger y expose l’histoire de Genève de 1707 à 1761; né en 1737,il a, pour une certaine durée, la valeur d’un témoin. Il participa lui-même aux luttes intestines de la République, à telles enseignes, qu’il fut banni et son ‘histoire brûlée par la main du bourreau. Son nom se rencontre dans une phrase de Voltaire assez dédaigneuse, comme celui d’un homme qui « se mêle de littérature ». Jean-Pierre Bérenger fit des traductions, écrivit sur Jean-Jacques Rousseau une brochure, et, à la fin de sa vie, publia une Histoire des derniers temps de la République de Genève et de sa réunion à la France. Ritter s'étonne que Bonaparte, auquel un exemplaire avait été remis directement, ne fit pas saisir l’ouvrage. Il est vrai qu’il ne trouva pas de libraire pour le vendre. J-P. Bérenger mourut en 1807. Sa famille originaire du Dauphiné s’était installée à Genève au xvrr° siècle.

Les ancêtres maternels de Cherbuliez bien loin, par conséquent, de contredire l’influence de ses ancêtres paternels, n’ont pu que Vaccentuer, leur étant tout semblables. D’un côté comme de l’autre, ce sont, en majorité, des Français protestants et réfugiés, des gens de plume et d’études, des pasteurs et des publicistes. Il n’y a qu’un artiste, l'arrière grand-père Bourrit, et il est du côté de la mère. Si Cherbuliez doit à son père un certain goût de l’esthétique à l’allemande, c'est peut-être de cet arrière-grand-père que pourrait se réclamer, dans ses meilleures pages, l'écrivain qui fit, en 1872 et 1878, la critique du Salon. Au reste, il n’est personne qui ait moins que lui, selon la métaphore célèbre, brûlé l'étape. Si l'esprit soufflait où il veut, ne pourrait-on pas dire que l'enfant né le 19 juillet 1829 d'André Cherbuliez et de Marie Bourrit était prédisposé à être ce qu'il fut ?

Le grand-père Abraham, qui étudia à la Faculté de théologie de Genève en 1814 et dirigea ensuite une librairie, avait eu trois fils : André, père de Victor, Antoine-Elisée' et Joël”, qui lui succéda. Les deux oncles de Victor (il a été question d’eux dans la section intitulée : Origines et ascendants) laissèrent à n’en pas douter, leur

1. 1797-1869, professeur de droit pénal d'instruction criminelle, de droit public et international et d'économie politique de 1833 à 4847.

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