Id
Amertume contre les hommes et aussi amertume contre la vie dont il constate la cruauté :
« Ce sont presque toujours les indifférents qui nous annoncent nos malheurs * ».
C’est par de semblables exemples de cynisme apparent qu'on a souvent trouvé que Cherbuliez était un auteur abandonné au plus noir pessimisme :
« C’est un poison très actif que la parole humaine *, ».
L'auteur des Maximes escamote de la même façon l’idée corrélative qui en diminuerait l’amertume.
« Il ne faut pas juger les hommes sur ce qu’ils nous disent mais sur ce qu ils disent de nous *? ».
« Se faire passer pour un danger voilà le secret du parvenir ».
« Jurer fidélité à une seule femme pour toujours à l'exclusion de toutes les autres, c’est jurer d’être infidèle à la femme * ».
€ Il m'a toujours paru qu’il y avait dans la flatterie comme un mépris secret pour Ce qu’on aime ».
Toujours à base d’épigramme mais moins cruel, du moins en apparence, nous trouvons l’esprit de Cherbuliez assez étroitement apparenté à celui de La Bruyère.
Evidemment il serait aisé de découvrir dans son œuvre plusieurs portraits semblables par bien des points aux portraits les plus « mécaniques » du grand réaliste du xvu° siècle :
« Sa figure même ne Jui appartient pas : c’est un chef-d'œuvre auquel collaborent son tailleur, son coiffeur et son chemisier? ».
De même : « Le tailleur n’avait jamais assez de drap pour habiller V’orgueil de Jean Têterol* ».
De l'ironie fine et de l'observation dont on ne peut s'empêcher de constater la justesse, c’est encore La Bruyère :
« Et bientot s’étant levée, elle déclara qu’elle entendait se promener à pied. Comme personne n’y trouvait à redire, elle se rassit° ».
«Il a fait à deux reprises le signe de la croix avec les yeux, vous