Leguay. pp
erreur, Valbert a donné à la Revue des Deux Mondes deux cent soixante neuf articles!. »
La diversité de ces multiples articles”, dont nombre ontété réunis en volumes et ont justifié différentes éditions, doit à notre avis renforcer encore l'opinion favorable qu’on a maintes fois exprimée sur Cherbuliez, historien-érudit. Donc :
« S'il n’est pas tout à fait certain que le nom et les opinions de Valbert aient fait, comme disait Brunetière sur sa tombe. « autorité dans les chancelleries et dans les ambassades », il a très vivement intéressé et agréablement instruit toute une génération. Aujourd’hui encore, dans les milieux universitaires surtout, il n’est pas rare de rencontrer des hommes approchant généralement la soixantaine qui au nom de Cherbuliez répondent aussitôt par celui de Valbert *. »
Mais il s’agit ici surtout de Cherbuliez romancier et de son érudition dont il convient de déterminer l’étendue d’abord puis lim- portance. Si nous avons si longuement insisté sur Valbert c’est que celui-ci fait comprendre et compléter celui-là.
Ila été question du « pli livresque » de notre auteur. Cela implique le reproche de pédantisme. Nous y reviendrons ultérieurement. Une autre critique qui s’y raltache, semble-t-il, c’est celle de la tendance blâmable que Cherbuliez aurait eue à puiser sa connaissance au hasard dans les ouvrages qui se trouvaient à portée de sa main. Peut-être l’a-t-il fait parfois, et quin’y a pas succombé lorsque le besoin d’une documentation pressante s’est fait sentir? Mais dans l’ensemble, il paraît au contraire avoir été puiser les choses à leur source pour les avoir de première main. Nous avons vu que tel avait été le cas lorsqu'il assumait le rôle difficile de l'historien. De même on sera tenté d'admettre que c’est chez les étrangers et chez leurs auteurs les plus marquants qu’il s'est documenté quant à leurs mœurs et à leurs idées. Il avait, nous le savons, beaucoup voyagé dans sa jeunesse; et quant aux contrées où il n’avait pu aller, il avait du moins eu la chance de vivre à Genève, de longtemps la ville de prédilection des déracinés de tous pays. Nous venons de voir également que la langue espagnole lui était familière ainsi que les chefs-d’œuvre écrits en cette langue. L’allemand, il le savait couramment : « Il savait beaucoup et dans beaucoup de langues *.»