Discours d'Emile Ollivier sur sa tombe
Il ne fait aucun doute que Cherbuliez connut parfaitement lallemand. Il lisait déjà Kant avant de partir en Allemagne. Là, il ne put que se perfectionner. S'il n'avait parlé couramment cette langue, son séjour dans les universités allemande n’eût présenté pour lui ni intérêt, ni profit, et plus tard, pas plus la Revue des Deux Mondes que peut-être le Ministère des Affaires Étrangères ne lui eussent confié une mission importante et délicate comportant de multiples observations et interviews si l’allemand ne lui avait pas été familier. On a d’ailleurs souligné Paptitude de Cherbuliez à apprendre les langues, aptitude due à l'héritage paternel sans doute èt en somme assez répandue parmi les Suisses, peuple cosmopolite par excellence. Sur les connaissances que pouvait posséder notre auteur de la langue anglaise il serait difficile de se prononcer. On pourra cependant croire, d’après la citation suivante (isolée, il est vrai), que ses connaissances n'étaient guère étendues : « Give me right, Master Wilson », déclare improprement un de ses personnages’. De l'italien il semble par contre plus instruit. En effet, outre qu’il a visité l’Italie où il a séjourné, ses recherches sur le Tasse ont dû lui rendre familier ce langage. N’accepterons-nous pas en effet, comme preuve de ses études originales, les remarques suivantes relevées dans son Prince Vitale :
« Sa correspondance (au Tasse) se compose de 1.600 lettres, et on n’en pourrait pas citer 20 où il parle d'autre chose que de lui?. »
ou mieux :
« Lisez, si vous en avez le courage, lisez tous les poèmes qu'a écrits Le Tasse au déclin de sa vie... je consens qu’il se trouve de fort beaux passages dans les Letie Giorantte, quelques belles tirades dans le Torresmondo, quelques beaux vers dans la Seconde Jérusalem *.… »
Plusieurs citations de lettres à des personnes diverses, lettres qu’on n’a aucune raison de croire avoir été traduites en français, tendraient à montrer que c’est dans la langue italienne elle-même qu'il a cherché ses renseignements :
« On lit dans une de ses lettres à l’un de ses amis, Luca Scalabrino “... »