La Béte, p
ÉRUDITION 165 Mais
« La es nous soumet, nous et les singes, aux mêmes maladies de famille ‘..
Les particularités de races, Cherbuliez semble s’y être fort intéressé. Les similitudes entre les espèces humaines ou animales lui
ont fourni des portraits saisissants pour nombre de ses person- IRIS
« Darwin nous aurait appris ce qu’il faut entendre par une reversion. Les chevaux ont la faculté de mouvoir certaines parties de leur peau par la contraction du pannicule musculaire... certains hommes par une contraction toute pareille... remuent à plaisir la peau de leur tête. d’autres ont le pouvoir de chauvir des alle. aussi que les chiens et les chats... C’est une réversion... l’homme est le grand déclassé de la création ?. »
« Il y a aussi des femmes à reversions. La bête a ses curiosités folles et quand la bête crie, on fait ce qu'elle veutf. »
Dans un autre livre : Jacquine Vanesse, l’auteur esquisse le portrait d’un génie en se basant sur l’observation suivante :
« La physiologie moderne a reconnu que toute anomalie est le résultat d'un arrêt de développement, mais que la plupart du temps cet arrêt correspond au développement prématuré, trop rapide, d’autres parties de l'organisme. » |
Sans doute Cherbuliez a-t-il lu Montesquieu et s’est-il inspiré de ses remarques sur l'influence du climat sur le tempérament, mais c'était son droit :
« La grande chaleur énerve le corps, la grande lumière fatigue les yeux et l'âme. Cette mélancolie africaine s'appelle le « souda*, »
C’est dans toutes les directions que l'intérêt du romancier semble sollicité. Pour citer à nouveau Émile Faguet :
« Il fut dans toute la force du mot et dans le sens le plus élevé un « intellectuel ». C'était avant tout une « haute curiosité », comme disait Renan. »
La Béte, p. 91.
Id., p. 404.
Id., p. 102.
La Vocation du Comte Ghislain, p. 215.
Revue Politique, juillet-décembre, 1899 : Vic{or Cherbuliez, par Emile Faguet.
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Il tenait, quand il le pouvait, à se documenter avec exactitude. Homme de bibliothèque avant tout, par son éducation, par son entourage, par ses inclinations, cela était devenu pour lui un besoin impérieux ; et que ce fût pour écrire un roman ou un article d’information, il s’y appliquait inlassablement et avec conscience :
« Quand il écrivit Après Fortune Faite, la santé de Cherbuliez déclinait déjà. Il avait dû feuilleter des livres de médecine, ceux qu'avait laissés sur sa table un de ses fils, étudiant, puis docteur. Il y a dans ce roman une définition de l’artériosclérose et une autre de l’urémie, avec la description d'une agonie en termes exacts, comme par un praticien‘. »
Voici cette description des symptômes qui étaient déjà les siens !
« M. Lejail expliqua avec complaisance que l’urémie est l’envahissement du sang par l’urée, que les caractères de cette maladie, par laquelle se termine souvent l’artériosclérose sont un œdème lentement progressif, une faiblesse croissante, un état cérébral fort singulier, un délire ambulatoire, intermittent avec idées partielles très précises, que le malade voit avec horreur venir la nuit?... »
On ne saurait dire que chez Cherbuliez cette trop constante érudition ait été une attitude, une pose acquise sur le tard et pour se conformer à une mode nouvelle. Elle lui vint, si l’on veut, naturellement, grâce au milieu :
« Auteurs, éditeurs, conservateurs, de tous côtés dans son ascendance on trouve des livres *. »
Toutefois, il est bon de faire observer également que c’est à force de labeur souvent pénible et rebutant qu’il finit par acquérir cette connaissance notée de tous :
« En 1848, il écrivait à son ami d’enfance, M. Franck Abauzit : « Pendant que vous nagez dans la philosophie de l’Absolu, je me plonge dans l'Organon. Je vous jure que ce n’est pas une chose facile de labourer ces grandes pages serrées de l’édition de Becker... j'en suis au milieu des Secondes Analytiques. On est du reste bien récompensé de cette peine, au milieu de la dissection du syllogisme, on rencontre des oasis métaphysiques dont la physionomie n’est pas différente de celle de votre Hegel *. »
« Que d’études », s’écrie E. Montégut, « que de travaux, quellé dépense