Samuel Brohl et Cie, p
fixation et sa vraie raison d’être : « Qu'il est difficile de savoir ce que veut et ce que ne veut pas notre cœur ‘! »
« Rien ne coûte plus à l’homme que de devenir un numéro”, » pense notre auteur. C’est qu’en effet à la base de la plupart de nos passions on trouve le culte du Moi. Suivant les individus, il se nomme égoïsme, vanité, orgueil, fierté. Pascal l’a honni, mais Cherbuliez trouve qu’il peut avoir du bon lorsqu'il est plus qu’un simple leurre : « Le moi n’est haïssable que lorsqu'il n’y a rien dessous”. » Mais s'il n’aboutit qu’à un état d'inertie et de stupidité de narcissisme, à une introspection qui paralyse l’action, il est condamnable : « C’est jouer dans ce monde un sot personnage que de passer son temps à se pêcher à la ligne“. » Mal servi par des désirs qui flattent mais qu'il est impossible à notre nature de réaliser, le moi s’aveugle d’abord volontairement : « Notre vanité est la plus crédule de toutes nos passions sans en excepter l'amour’. »
Puis la conviction de notre impuissance finissant par s’imposer tout de même, l’ennui, cette forme du découragement chronique, s’installe en nous à demeure : « tu as juré de n'aimer jamais que toi et tu ne peux te souffrir ® : » Trop bonne opinion de soi-même et incapacité à la faire partager aux autres voilà la cause de cet état morbide.: « Son moi tout nu lui déplaît, comme peu glorieux; il veut pouvoir s'aimer en compagnie”... » car « l'homme s’aime, c’estla loi de nature; mais il tient aussi à s’estimer, il a besoin d’ennoblir à ses propres yeux son égoïsme, et pour cela d’élargir son moi, de se créer des intérêts, qui sans être ceux de tous, sont communs à plusieurs*. »
Cet ennui paralysant la volonté de homme qui ne sait pas se rendre à l'évidence se traduit généralement par : « le mépris des choses communes et l’impuissant amour de l'extraordinaire”. »
Qu'ilest donc facile de le rencontrer ce type si justement observé : « un orgueilleux et un ennuyé‘. »
Le caractère le plus significatif de la passion, c’est la violence et :
. Le Roman d’une Honnéle Femme, p. 324.
. Noires el Rouges, p. 36.
. L'Idée de Jean Téterol, p. 344.
. Le Comte Koslia, p. 357.
. Une Gageure, p, 193.
La Vocation du Comte Ghislain, p. 30.
. Le Roman d'une Honnéte Femme, p. 132.