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question d'organisation (1), mais plus soucieux de la propagande par la presse que de l’organisation des fouriérisies en parti, il ne donna pas de suite à ce projet, ce qui mécontenta plusieurs membres qui, ayant à leur tête Muiron, lancèrent de Besançon un projet de statuts pour une union phalanstérienne, projet qui reçut l'approbation des plus grands fouriéristes franc-comtois, Pellarin, Renaud, Gagneur. Ceux-ci entendaient substituer aux divers groupes phalanstériens disséminés sans liens entre eux une afliliation sérieuse qui ne se traduirait pas seulement en paroles, mais en actes. On reprochait surtout à Considérant de concentrer tous ses efforts et toute son activité sur le journal qu'il venait de créer, La Phalange, et dans lequel il donnait à son action un caractère personnel et exclusif. « Donnez-nous donc signe de vie, lui écrivait Gagneur le 13 août 1836; dites-nous au moins ou faites dire combien d’abonnés vous avez, quelles ressources pécuniaires, quels projets. Muiron a bien raison de nous associer; car avouez que le monopole parisien fait souffrir en toute chose cette pauvre province, Ne rien savoir de vos projets et de vos espérances,
(1) Quest à Considérant, 14 novembre 1835 : « J'ai reçu la « lettre confidentielle que vous m’avez fait l'honneur de m'écrire « dans le but d'arriver aux moyens de rendre un corps à l'école « sociétaire et pour m-ttre de nouveau en communication les « hommes qui, ayant accepté les idées fondamentales de cette « école, ont à cœur de les présenter au monde comme le salut « de l'humanité. »
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croyez-vous qu'il n'y ait pas là souvent motif de profond découragement, si on n'était pas soutenu par la grandeur même de notre but ? » Le lendemain, nouvelle lettre de Muiron : « Tous vos goûts, disait-il, toutes vos vues, se concentrent sur La Phalange. Rejetez les suppositions sur lesquelles vous vous dressez pour parler avec une autorité qu'’aucuns pourraient trouver passablement despotique et par cela seul déjà peu légi-
time... Soyez moins défiant envers nous et plus
juste d’idée au sujet de l’union que tous désirent ».
L'union projetée par Muiron aurait certainement créé une duplicité d'action et d'influence fort nuisible aux intérêts de l’école sociétaire ; c’est ce que comprirent parfaitement plusieurs fouriéristes influents de Strasbourg et surtout de Colmar, qui était alors une des villes où Considérant était le mieux connu et où son journal comptait le plus d'abonnés : MM. Gloxin et Pétaut, conseillers à la Cour royale, et le docteur Jœnger, un des médecins les plus réputés de Colmar, refusèrent d’adhérer à une union fâcheuse à tous égards. Enfin, après bien des discussions, l'accord se fit entre Muiron et Considérant qui, le 10 octobre 1836, élaborèrent de concert un projet de circulaire dans lequel il était dit que, vu le besoin d'une organisation positive de l’école, on allait élaborer les statuts d’une union phalanstérienne. Victor Considérant s’engageait à ouvrir, dans les
bureaux de Za Phalange, un registre destiné à