‹ Victor Considérant: Sa Vie - Ses IdéesChapitre 25 sur 47 · PT · texte numérisé non relu

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Ce n'est pas seulement en France, mais aussi à à l'étranger, que le fouriérisme se répandit grâce à l'influence personnelle de son représentant le plus autorisé : à Londres fut créé un journal phalanstérien, 7he London phalanx; à New-York parurent aussi quelques bulletins de l'école. En 1539, Joachim Abreu publia dans le Correo nacional de Madrid un artiele reproduit dans La Phalange ; le 15 avril de la même année, B. Mure écrit à Considérant qu'il se propose de publier à Palerme un journal phalanstérien, L’Attrazione.

Mais, parmi les pays étrangers, ce fut surtout en Belgique que la parole et les écrits de Victor Considérant passionnèrent les esprits ; aussi bien les grands journaux radicaux et collectivistes belges sont d’accord pour reconnaitre que son séjour là-bas contribua beaucoup au succès de la cause de la démocratie et du socialisme (1).

Son premier voyage en Belgique date du 22 décembre 1838 ; il l'entreprit dans le but de prendre le brevet d’une machine inventée par un de ses amis et qu'il croyait pouvoir substituer avec avantages aux machines à vapeur. Son hôte fut à cette époque Charles Rogier, gouverneur de la province d'Anvers et ancien rédacteur au journal liégeois Le Mathieu Laensberg et la Politique. Is avaient lié connaissance en 1826, pendant un voyage que Rogier avait fait à Paris, invité en sa qualité de journaliste par la presse libérale française, qui

(1) La Réforme et Le Peuple du 29 décembre 1898.

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comptait des saint-simoniens et de futurs fouriéristes ; ce furent les rédacteurs du Globe et de la Revue encyclopédique qui, dans des réunions de penseurs et d'écrivains, le mirent en relation avec Considérant. Dans une lettre du 6 juin 1850 à son ami Rogier, devenu ministre de l’intérieur, il lui dit que, « douze ans auparavant, il a passé quinze jours avec lui dans son manoir de gouverneur (1).» A cette époque, la cause des réformes sociales comptait en Belgique beaucoup d'esprits éminents : la philosophie et l’économie sociale formaient le sujet de nombreuses discussions parmi les classes supérieures de la société. C'est que, de 1830 à 1832, des missions saint-simoniennes, COnduites par Carnot, Leroux, Margerin, avaient parcouru le pays, prêchant partout la nécessité de remédier à un état de choses fautif et imparfait. Aussi, lorsqu'après la chute de l’école de Saint- Simon, Victor Considérant présenta le fouriérisme avec une conception du monde moral bien moins antipathique que celle du père Enfantin et une conception di monde économique qui rappelait les théories saint-simoniennes à beaucoup d’égards, il recruta de nombreux adhérents, surtout chez les

(1) Considérant à Rogier, 6 juin 1850 : « Vous rappelez-vous « nos tête-à-tête de dix-huit heures par jour au coin de votre « feu ?.. Vous compreniez admirablement les vanités, les stu- « pidités, les folies de la grande politique de tous les cabinets ; « vous compreniez l'état critique du monde, les besoins impé- « rieux de la société moderne, les vices odieux, l’urgente néces- € sité d'une transformation dans le sens démocratique et so- « €ial. »

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anciens disciples de Saint-Simon. Ainsi, en 1838 et 1839, ce fut Considérant qui fut le missionnaire du fouriérisme en Belgique ; sa propagande s’exerça alors principalement dans des associations fermées, dans des cercles privés, où les abonnés de ses Journaux et les lecteurs de ses livres avaient formulé le désir de l'entendre, mais en petit comité seulement. |

Grâce au zèle intelligent et à l’activité déployée par Victor Considérant, la pénétration des idées fouriéristes dans le public se faisait tous les jours plus profonde et plus complète. Mais, malgré la création d’un almanach phalanstérien pour le peuple, la propagande n’atteignait guère la masse et l’école restait bourgeoise.

SECTION II

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