‹ Victor Considérant: Sa Vie - Ses IdéesChapitre 29 sur 47 · LE 13 JUIN · texte numérisé non relu

LE 13 JUIN

Après la dissolution de la Constituante, Victor Considérant se présenta dans le département de la Seine aux élections à l’Assemblée Législative du 13 mai 1849 et fut élu le dix-huitième de la liste. Les monarchistes étaient en majorité dans la nouvelle Chambre; aussi se trouvèrent-ils d’accord avec le président pour suivre à l'intérieur et à l'extérieur une politique de réaction contre les institutions républicains et la révolution. Les événements politiques d’alors devaient avoir sur la conduite et sur la vie même de Considérant une influence décisive puisque cet homme, hostile par nature à toute violence, allait se trouver porté à l’action révolutionnaire en se fourvoyant dans un mouvement de la rue conduit par des hommes auxquels ne le rattachaient ni une pensée commune, ni même un sentiment d'amitié. Pour comprendre une telle anomalie, il est nécessaire de rappeler les événements politiques de l'époque.

En 1815, l'Italie, à laquelle la domination napoléonienne avait donné un commencement d'unité nationale, était tombée sous le joug de l'Autriche. La France avait vu d’un œil très peu favorable un gouvernement absolutiste opprimer sasœur latine,

et en toute occasion elle montrait à celle-ci une sympathie bienveillante toujours prête à se transformer en actes. En 1847, une grande agitation s'était manifestée en Italie contre la domination étrangère; dans le sud, la Sicile s'était insurgée contre le Bourbon Ferdinand Il, roitelet tyrannique et incapable, et s’était séparée du royaume de Naples en reconnaissant pour roi le duc de Gênes. Les Napolitains se soulevèrent à leur tour et Ferdinand fut obligé de leur promettre une constitution représentative. Au centre, dans les états de l’Eglise, le pape Pie IX, esprit mystique et cœur ardent, se croyant prédestiné à être le réformateur de ses états et le libérateur de l'Italie, se mit à la tête du mouvement national. Mais malgré la promulgation, contraire au vieil absolutisme, d'une constitution analogue à la constitution française de 1830, malgré aussi l'expulsion des Jésuites, il ne réussit pas à satisfaire les démocrates italiens. Il acheva de se les aliéner en refusant, par scrupule de chrétien, de déclarer la guerre à | Autriche; il avait même supplié l’empereur, dans une lettre du 5 juin 1848, de renoncer volontairement à ses droits sur la Lombardie et de laisser entièrement à l'Italie la possession d’ellemême. Le 15 novembre, Rossi, ministre du pape, était poignardé à Rome; ce dernier, contraint d'appeler un ministère radical et de licencier sa garde suisse, s'enfuit à Gaëte pour échapper aux révolutionnaires; tout le corps diplomatique l'y suivit; les républicains, maîtres de Rome, firent

élire une assemblée constituante qui proclama la république romaine.

Ces événements eurent naturellement leur répercussion à la Chambre française où ils provoquérent trois courants d'idées : pendant que les Montagnards faisaient des vœux pour la révolution romaine, les catholiques militants demandaient le rétablissement du pape à Rome; entre ces deux Opinions extrêmes, une troisième s'était fait jour, représentée par le général Cavaignac ; celui-ci au- | rait voulu ménager à la fois les intérêts des révolutionnaires et ceux du pape, et maintenir l'influence française en Italie. Le 28 novembre, il annonça à l’Assemblée que quatre frégates, portant 3.500 hommes, avaient recu l’ordre de se tenir prêtes à partir au moindre incident pour protéger la personne du pape ; les troupes, d’ailleurs, ne devaient débarquer que si la sécurité personnelle de Pie IX l’exigeait: elles ne devaient en rien se méler aux affaires du pays.

Pendant l'hiver de 1849, les choses restèrent dans le statu quo, mais au printemps, les événements se précipitèrent : le général autrichien Radetzky bat Charles-Albert à Novare, reprend possession de la Lombardie et menace la république romaine. L'Assemblée Constituante allait-elle intervenir, et si oui de quelle manière? Question essentiellement délicate, car la majorité n’entendait favoriser ni le pape ni les révolutionnaires et voulait cependant intervenir ; son indécision était grande. Le 16 avril, Odilon Barrot, ministre de la

justice, demande un crédit de 1.200.000 francs pour l'entretien d’un corps expéditionnaire dans la Méditerranée, mais sans s'expliquer sur son objet. Le ministre des affaires étrangères, Drouin de Lhuys, interrogé, déclare que le gouvernement n’a pas l'intention de renverser la république romaine, mais seulement de faire respecter l’influence française en Italie. Le crédit est voté par 388 voix contre 161, ces dernières réprésentant la Montagne toujours méfiante. Le 28 avril, le corps d'armée, sous le commandement du général Oudinot, débarque à Civita-Vecchia et arrive sous les murs de Rome; ce dernier croyait recevoir d’une population lassée d’anarchie un accueil amical ; mais les républicains de Rome ne s’entendirent pas avec les Français; ils soupçonpaient le parti catholique qui exerçait déjà une grande influence sur ja direction de la politique française, de vouloir détruire la république romaine et rétablir le pouvoir temporel du pape. Les hostilités s'engagèrent; les Français, surpris par une résistance énergique, durent se retirer à San-Paolo, sur la rive gauche du Tibre.

Au reçu de ces nouvelles, vive émotion à la Chambre française; Jules Favre et Lamoricière font nommer une commission qui devra rechercher quelles élaient les instructions données au général Oudinot. Le rapporteur, M. Sénart, conclut, sur l'examen des pièces, que les instructions du gouvernement ne correspondent pas au vote de la Chambre; on s’en est remis pour la con-

duite des événements au bon jugement du général. D'où indignation profonde parmi les députés outrés d’une telle tromperie. Après maintes interpellations auxquelles les ministres répondent par des déclaralions évasives, la résolution suivante est adoptée : « L'Assemblée Nationale invite le gouvernement à prendre sans délai les mesures nécessaires pour que l'expédition d'Italie ne soit pas plus longtemps détournée du but qui lui avait été assigné. ».

Le lendemain, Za Patrie publiait une lettre du président de la République au général Oudinot, ainsi Conçue : « La nouvelle télégraphique qui annonce la résistance imprévue que vous avez rencontrée sous les murs de Rome m'a vivement peiné. J'espérais que les habitants de Rome, ouvrant les yeux à l'évidence, recevraient avec empressement une armée qui venait accomplir chez eux une mission bienveillante et désintéressée. Il en a été autrement; nos soldats ont été reçus en ennemis; notre honneur militaire est engagé. Je ne souffrirai pas qu'il reçoive aucune atteinte. Les renforts ne vous manqueront pas. Dites à vos soldats que j'apprécie leur bravoure, que je partage leurs peines et qu'ils pourront toujours compter sur mOn appui et sur ma reconnaissance. »

Cette lettre était un véritable défi à lAssemblée ; en vain Odilon Barrot s’efflorça-t-il d'en atténuer le caractère exceptionnellement grave en la présentant comme une lettre de « sympathie toute personnelle, d'encouragements, de reconnaissance

pour des soldats engagés dans une lutte sur la terre étrangère, bien différente d’un acte politique délibéré en conseil. » Le lendemain, Flocon déposait la proposition suivante, repoussée par la Chambre : « Vu l’article 67 de la Constitution, disant que tous actes du président de la République autres que la nomination des ministres, demeurent sans effet s’ils ne sont contresignés par un ministre, l’Assemblée déclare que la lettre du président de la République est de nul effet. »

Le 11 mai, Jules Favre annonce qu’une lettre particulière Finforme qu'on a bombardé Rome.

L'émotion alors est à son comble ; Ledru-Rollin et Victor Considérant déposent une proposition de mise en accusation du président et des ministres pour avoir violé la Constitution en ordonnant l'expédition romaine. Mais la Chambre, qui va bientôt disparaitre, manque d'autorité, et cette proposilion est repoussée par 387 voix contre 138. A l'appui de sa politique d'opposition violente, Considérant publia alors, dans La Démocratie pacifique, une théorie du droit révolutionnaire : « Nous professons, disait-il, que les majorités ne sont pas omnipotentes et qu'une majorité, fût-elle régulièrement et constitutionnellement formée, peut rendre tel vote qui justifie pleinement l’insurrection contre elle. »

Lorsque la Législative se réunit le 25 mai, les socialistes trouvèrent dans l'intervention française à Rome l’occassion de prendre leur revanche de leur défaite aux élections. Ledru-Rollin monte

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à la tribune et, dans un violent discours, refait l'historique de la question, dénonçant la déloyauté et l'hypocrisie da gouvernement et accusant la droite de vouloir renverser la République; il rappelle que tous les Français ont le devoir de défendre, même par les armes, la Constitution violée, et dépose un acte d'accusation contre le président et son ministère. Finalement, la Chambre accepte, par 361 voix contre 203, l'ordre du jour suivant : « L’Assemblée législative, persévérant dans la politique tracée par l’Assemblée constituante, invite le ministère à s’y conformer, » Le lendemain, après une protestation de Pierre Leroux contre tout appel à la violence, Thiers, à la tribune, met la Montagne en demeure de choisir entre les moyens légaux et les moyens révolutionnaires ; par 376 voix contre 8, la mise en accusation est repoussée. Le 11 juin, sur convocations parties des bureaux de Za Démocratie pacifique, eut lieu dans ces bureaux une réunion présidée par Considérant (1). De concert avec ses amis politiques, il y proposa de proclamer la violation flagrante de la Constitution et de déclarer le peuple, la garde nationale, les fonctionnaires et

(4) « Le 10 partent des bureaux de La Démocratie pacifique, écrites et signées par le sieur Brunier, des lettres de convocation, adressées au nom de la commission de la presse, pour une réunion fixée au lendemain 41, à 1! heures et demie, rue de Beaune, 2, au siège du journal. Brunier, qui ne dépose qu'avec réticence, avoue avoir expédié au moins huit ou dix de ces lettres. » (Haute Cour de justice, 13 octobre 1849, acte d'accusalion. Gazette des Tribunaux. 14 octobre 1849.)

l'armée dégagés des liens constitutionnels à l'égard du pouvoir exécutif et tenus de refuser obéissance aux ordres du gouvernement. Ces résolutions devaient être promulguées sous forme de décrets par la minorité constitutionnelle dans le palais législatif. « J'ai soutenu, déclarait-il, qu’en nous mettant ainsi en état de résistance dans le sanctuaire même de la loi, nous aurions non seulement pour nous le droit, mais encore le caractère extérieur du droit, el que, nous victimes, les violateurs de la Constitution seraient vaincus par leur propre victoire, tandis qu'en nous associant au dehors à une protestation même pacifique, on nous donnerait facilement l'apparence de factieux (1). » Ce projet resta à l'état d'opinion personnelle, et on se dispersa sans rien décider. Ces propositions furent alors soumises par Considérant à l’approbation de la Montagne réunie à la Chambre. « L’accusé Considérant, qui avait provoqué et présidé la réunion, se rendant aussilôt après au 14° bureau de la Chambre, où s'était rassemblée la Montagne, y présenta, déjà rédigées, des propositions qui étaient loin d’avoir un caractère pacifique. Elles tendaient notamment à faire déclarer séance tenante le pouvoir exécutif déchu, à faire déclarer la majorité complice de la violation de la Constitution, à constituer en permanence l’Assemblée réduite à ce qu’il appelait les représentants constitutionnels. Il est difficile d'admettre que ces

(1) Débat social de Bruxelles, 5 juillet 1849.

propositions ne soient pas le résultat de la conférence que l'accusé venait de présider dans les bureaux de son journal (1). » Le 12 elles étaient soumises à l'Assemblée, tandis que le comité de la presse se tenait en permanence à Za Démocratie pacifique. Depuis décembre 1848, en effet, ce Journal, représenté par ses rédacteurs, faisait partie du comité de la presse démocratique et sociale, dont les réunions avaient lieu le plus souvent dans ses bureaux. C'est là que se rendirent Considérant, Ledru-Rollin et Pyat après le vote de l’Assemblée repoussant la mise en accusation du gouvernement ; ils y rédigèrent une proclamation qui devait paraître le lendemain sous forme de placards et qui s'adressait d’abord aux gardes nationaux républicains : «S'il y a des prises d’armes, nul garde national républicain ne doit y manquer : que les légions ne se laissent pas enfermer dans des portes et des grilles; qu’elles demeurent en contact avec la population. Aujourd’hui, les oficiers de la légion d'artillerie des gardes nationaux de Paris se sont réunis sous la présidence du colonel Guinard. On a reconnu à l'unanimité que la Constitution était violée et décidé que les artilleurs seraient invités à se joindre en aussi grand nombre que possible à la manifestation des gardes nationaux de toutes les légions, qui aura lieu demain mercredi, au Château-d’'Eau, à 11 heures.

(1) Haute Cour, acte d'accusation.

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L'artillerie sera en petite tenue, sans carabine, sabre, ni giberne (1). »

Le 13 juin, à la première heure, d’autres affiches, apposées pendant la nuit, invitent les ouvriers, les fonctionnaires et le peuple en entier à ss réunir en foule sur le boulevard du Temple pour aller manifester au palais de l’Assemblée ; cette démonstration devait être toute pacifique, puisque Considérant avait écrit lui-même : « Pas d'armes! Pour l'amour de Dieu et de la Constitution, pas d'armes ! Il faut une démonstration imposante et pacifique. Des armes perdraient tout ! » Dès l’aube, une foule étonnée et anxieuse parcourt les rues ; Considérant fut un des premiers au rendez-vous : € Les premiers groupes se forment aux environs du Château-d'Eau... Vers 11 heures et demie descendent de cabriolet deux personnes que l’on paraît attendre et que l’on dit être des représentants ; l’un d’eux est désigné comme étant le citoyen Victor Considérant (2). » Bientôt une colonne nombreuse s'engage sur les grands boulevards, protestant contre l'expédition de Rome ; les troupes, conduites par Changarnier, la mettent en déroute. La Montagne s'était donné rendezvous au lieu habituel de ses réunions, rue du Hasard ; plusieurs représentants se rendent de là au palais de l’Assemblée, où ils trouvent les artilleurs de la garde nationale établis dans le jardin.

(1) Démocratie pacifique, t. 13, n° 162.

(2) Haute Cour, acte d'accusation.

Vers deux heures de l'après-midi, escortés de ces soldats, ils se rendent au Conservatoire des Arts et Métiers ; là les artilleurs s'emparent du poste et s'établissent dans la première cour; plusieurs sont mis en faction le long des trottoirs. Le directeur du Conservatoire, Pouillet, prévenu par les rumeurs de la foule, s’avance au devant des représentants ; Ledru-Rollin lui demande de mettre son établissement à leur disposition ; après quelques pourparlers, tous pénètrent à l'intérieur. Là on s'agite, on cause, on discute pour aviser aux moyens d'avoir raison de l’antirépublicanisme de la majorité de l’Assemblée ; mais aucune résolution n'est prise. Considérant se défend d’avoir organisé là une sorte de Convention rendant des décrets et lançant des appels à la révolte, Convention à laquelle il se serait flatté de voir la France donner son adhésion. Il n’y eut pas non plus «de panique, de figures blèmes, de langues glacées, de fuite pleine de désordre et de terreur ». Au bout d'une derni-heure, le 62° de ligne arrive et trouve à la grille les artilleurs de la garde nalionale, crosses en l'air et criant : € Vive la Constitution ! » Après avoir refoulé les représentants venus à leur rencontre, la troupe envahit la grande salle du rezde-chaussée ; là les officiers donnent l’ordre de se rendre; mais les clameurs de la foule couvrent leur voix. Tout à coup, les soldats assourdis font le mouvement d’apprêter leurs armes et couchent les représentants en joue. Ceux-ci se baissent instinctivement, puis se relèvent, croisant les bras en

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face des fusils. «L'un d'eux, à côté de nous, dit Considérant, fut piqué d'un coup de baïonnette qui ne dut que l’égratigner, une table empêchant l'arme de l’atteindre à bonne portée, et deux ou trois soldats seulement semblant y mettre de l’acharnement. Je les engageai du reste à relever leurs fusils. Comprenant alors qu'on voulait nous faire évacuer la salle, nous retournâmes paisiblement dans la cour en face. » Les représentants sortent alors dans la rue et décident de se séparer. Pendant que Considérant parlemente avec Ledru- Rollin devant une porte dont on leur refuse l’entrée, Qun enfant de quinze à seize ans, en blouse, nous dit Considérant, me prenant par la main et fixant sur moi deux grands yeux où brillent le dévouement et l'intelligence, me dit : « Avez-vous confiance en moi ? Suivez-moi, venez. » Il me fait entrer daris une allée, et au fond : « Voici ma blouse et mon vilain chapeau gris; vite, mettezmoi cela et vous passerez partout. » Il me répugnait de prendre un déguisement. Je le lui témoignai. Hé bien, montons! Dans ce quartier, c’est tous des amis (1). » Considérant reçoit un accueil des plus cordial dans une maison dont les hôtes s’évertuent à lui trouver une cachette. Ayant manifesté l'intention de se rendre à l’Assemblée, ceux-ci, pleins de sollicitude et de bienveillance, l’en dissuadent et lui prodiguent force encouragements. Il écrit alors une lettre à sa femme et la

(1) M: CoicneT. Victor Considérant, p. 66.

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remet à son jeune guide : & Il m’apprit, ajoute Considérant, l'invasion de La Démocratie paci- Jique, le dégât de nos ateliers, le bris des formes et des casses, la dispersion des caractères et les aimables visites faites dans mon appartement par des forcenés sans mandat qui criaient à ma femme et à ma belle-mère, en parcourant les pièces : « Nous cherchons un homme et nous l’aurons par pièces ou par morceaux (1). »

Cependant l'Assemblée, qui s'était déclarée en permanence, votait l’état de siège et le ministre de l'Intérieur obtenait l'autorisation de faire arrêter les représentants pris en armes, Guinard, Gambon, Vauthier, Deville. A onze heures du soir le ministre des Travaux publics, Lacrosse, donne lecture d’un rapport du général Changarnier annonçant qu'un énorme déploiement de troupes sur toutes les parties de la ville a paralysé la révolte, que d’ailleurs, dans son ensemble, le peuple est resté immobile, alors que ses chefs l’appelaient au combat. C’est là une preuve que les révolutions ne dépendent pas de la volonté de quelques meneurs; pour qu'elles aboutissent, il faut qu'un grave sujet de colère ou d'inquiétude ait soulevé la masse.

Au début de la séance du 14, le procureur général près la cour d’appel de Paris obtient lautorisation d'exercer des poursuites contre quatre représentants présents aux Arts et Métiers, Victor

(1) Id, p. 67.

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Considérant, Ledru-Rollin, Boichot et Rattier, qui ont réussi à se soustraire aux recherches de la force publique. Le 13 octobre commence devant la Haute Cour de justice, réunie à Versailles, le procès des insurgés, et le 15 novembre ils sont condamnés par contumace à la déportation.

Considérant, Ledru-Rollin et Martin Bernard se cachèrent pendant trois semaines dans la banlieue de Paris; le 4 juillet ils passèrent la frontière en compagnie d'Etienne Arago et gagnèrent la Belgique. Considérant, qui avait voulu faire € une insurrection pacifique, constitutionnelle et légale du droit contre les violateurs de la Constitution, de la loi, du droit, contre les vrais fauteurs du trouble de l'Etat, contre les usurpateurs et les révoltés », devenait un fugitif obligé de s'expatrier pour éviter les représailles.

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