‹ Victor Cousin et le mysticismeChapitre 5 sur 16 · SUIS · texte numérisé non relu

SUIS

cience de tout ce qu’ils savaient et de tout ce qu'ils voyaient, et ils ont pu nous en laisser une faible représentation; mais bientôt, malgré tous leurs efforts, ils ne peuvent plus rien saisir de ces visions trop rapides. On comprend maintenant comment il se fait que tous les hommes n'arrivent pas au même degré dans la connaissance des choses. Il leur faudrait savoir réfléchir pour cela, et si ia spontanéité est le génie de la nature humaine, la réflexion est le génie de quelques-uns « La vérité n’est pas la science, la vérité est pour tous, la science pour peu !. » On comprend encore combien il est facile de se tromper: la raison réfléchie est une source d'erreur. Dans le silence du cabinet, le philosophe s’en sert pour interpréter les données de la Raison spontanée. S'il les interprète mal, il s'éloigne de la vérité, mâis s’il les interprète bien ilne s’en rapproche pas, car il n’y a pas plus dans l’état réfléchi qu’il n'y avait dans l’état spontané. Cousin arrive ainsi à cette conclusion étonnante : Après une vice de labeur, le plus grand des philosophes n’a pas une connaissance essentielle de plus que l’humble ouvrier des champs, seulement il sait qu’il les a. L'ouvrier les possède aussi, mais il n’en a pas conscience et ne les exprime pas ?.

Nous avons cru bon de nous arrêter un moment sur cette distinction entre l’état spontané et l’état réfléchi. C’est là le point capital de la théorie de Cousin qui déclare établir ainsi l’'universalité et l’infaillibilité de la raison, sa transcendance et sa prédominance sur le sentiment

l Préface des Fragments, 1"° édition.

? Philosophie populaire, Paris 1848.

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