Fragments, p
gramme de 1818: l'une théorie plus complète de l'aperception pure, ramenée à quatre moments différents (Voy. plus haut p. 108); 2* une analyse également plus approfondie du passage de la pensée à l'être ; et surtout cette remarque fondamentale que si, au point de vue scientifique, la logique précède l'ontologie, inversement, en soi et avant toute science, c'est l'ontologie qui fonde la logique. Sur le second point, le programme de 1818, comparé à celui de 1817, nous manifeste une influence incontestable de Schelling et de Hegel, notamment dans ces deux doctrines : 1" celle de l'aperception pure; S"" celle de l'unité de substance. Ces deux doctrines ne sont pas dans le programme de 1817; elles représentent le fruit des méditations philosophiques de Victor Cousin en 1818 sous le stimulant de son voyage d'Allemagne. Mais si ces doctrines ne sont pas encore explicitement dans le programme de 1817, elles y sont en germe et toutes préparées. Il a lui-même très exactement résumé la situation de son esprit lors du voyage d'Allemagne et l'influence qu'il en a ressentie, i Je puis dire qu'à cette époquedema vie, j'étais précisément dans l'état où s'était trouvée l'Allemagne au commencement du siècle, après Kant et Fichte, et à l'apparition de la philosophie de la nature. Ma
méthode, ma direction, ma psychologie, mes vues générales étaient arrêtées, et elles me conduisaient à la philosophie de la nature. Je ne vis qu'elle en Allemagne ^ >
Cette influence va se manifester d'une manière plus frappante encore dans les années qui vont suivre et tout d'abord dans le cours de 1819.
1. Préface de la seconde édition des Fragments (1833), p. xxxy.