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dénominations que par rapport aux phénomènes : c Quand on la tire de son essence absolue, quand on la met en regard avec la succession des phénomènes, Tunité les précède et leur survit. L'unité comprend alors celle du premier absolu et du dernier absolu, qui n'est que le premier absolu redoublé en lui-même. » Peut-être faut-il entendre par là, comme dans la doctrine de Hegel, Tabsolu dans Tesprit et dans la raison, l'absolu se réfléchissant lui-même. L'unité se distingue de la totalité : c La totalité est le développement de l'unité. Confusion de l'unité et de la totalité, erreur fondamentale du panthéisme. » Nous voyons ici que Cousin commence à se préoccuper du panthéisme; nous voyons aussi comment il repousse l'accusation de panthéisme en caractérisant cette doctrine par la confusion de Dieu et du monde, de l'unité et de la totalité.
La substance étant une et indivisible, il n'y a rien à en dire de déterminé, et toute l'ontologie se réduit à cette proposition : Il y a de Vêire. Cousin semble donc aboutir à l'éléatisme, et il dirait volontiers comme Parménide : Uêtre est voilà toute la vérité. Mais si nous ne pouvons rien dire de l'être en lui-même, si ce n'est qu'il est {Dieu est celui qui est)^ nous pouyons du moins le con-
lis VICTOR COUSIN.
naître par ses attributs, qui sont ses manifestations en nous, c'est-à-dire par les vérités absolues. Or, les vérités absolues ne nous sont connues que par la conscience, c'est-àrdire par la psychologie rationnelle. Si l'ontologie est la première partie delà théologie, la psychologie rationnelle en est la seconde. Elle traite des attributs divins, c'est-à-dire des vérités absolues.
La doctrine de l'aperception pure se résout donc en une € théorie de la vision en Dieu ». Seulement, au lieu que Malebranche semble admettre une intuition immédiate et directe de Ja substance de Dieu, Victor Cousin n'admet qu'une intuition dérivée et indirecte :
« Comme la vérité se rapporte nécessairement à l'être, toute connaissance de Tune est une connaissance de l'autre; la seule diiférence qui les sépare est celle du direct à Tindirect, de l'immédiat au médiat, de l'explicite à l'implicite; d'où il suit que toute connaissance de la vérité est une connaissance de Dieu, et que l'aperception directe de la vérité absolue enveloppe une aperception indirecte et obscure de Dieu même... La science est divine de sa nature; plus on sait en général, plus on sait de Dieu; la science et la religion sont identiques... La religion, dans son point de vue le plus élevé, étant
le rapport de la vérité à l'être, il s'ensuit que la religion est essentielle à la raison; comme il y a de l'être dans toute pensée, toute pensée est essentiellement religieuse. Toute pensée, toute parole est un acte de foi, une religion tout entière ^ »
Tels sont les fondements et les propositions essentielles de cette partie supérieure des sciences que Cousin appelle, après Fichte, la science de la science.
€ Elle ne s'applique à aucune science en particulier, mais à toutes en général. Elle est tout entière dans chacune d'elle, et chacune d'elle n'est vraie qu'en tant qu'elle la contient. L'arithmétique la possède tout autant que la théologie proprement dite, la morale comme la géométrie. Làest lecentre, le terme et le point de départ de toute recherché scientifique. »
Si nous comparons maintenant le programme de 1818, d'une part, au cours de la même année à la Faculté des lettres, et, de l'autre, au programme de 1817, résumé du cours antérieur de l'École, voici les résultats que nous obtenons :
Sur le premier point, nous trouvons dans le pro-