‹ Victor Cousin et son œuvreChapitre 20 sur 41 · Discoars du 21 avril lB4i · texte numérisé non relu

Discoars du 21 avril lB4i

à rÉlal, de la foi à la raison. Je ne juge pas la doctrine; je me contente de constater historiquement le point de vue auquel Cousin était placé, et c'était celui d'une philosophie entièrement affranchie de toute autorité théologique.

A plusieurs reprises, et toujours avec plus de force, il revint dans cette discussion sur ce principe de renseignement laïque de la philosophie. € Au fond, disait-il, ce n'est pas l'étendue excessive des cours de philosophie qu'on regrette... Non, ce qui irrite certaines prétentions contre les cours de philosophie, c'est leur caractère laïque et séculier... On s'en va répétant, moitié sérieusement, moitié plaisamment : Qu'est-ce que l'enseignement philosophique que donne l'université? C'est un enseignement qui n'est pas juif, qui n'est pas protestant, qui n'est pas non plus catholique. Qu'est-il donc? Je réponds simplement : Cest un enseignement philosophique, et la réponse est très bonne. Les professeurs de philosophie n'enseignent point et ne doivent point enseigner la théologie. Il y a, pour cet enseignement particulier, des maîtres spéciaux et éprouvés, présentés et surveiliéspar les autorités religieuses compétentes. Les professeurs de philosophie n'usurpent point sur le domaine religieux confié aux ministres des

différents cultes. Ils se renferment dans le domaine des grandes vérités naturelles qui, grâce à Oieu, sont communes à tous les cultes el n'appartiennent à aucun en particulier. Voilà ce qu'on voudrait changer, et voilà pourquoi on prétendait hier qu'il fallait appuyer l'enseignement de la philosophie, vous l'avez entendu, sur le dogme catholique. Toutes les fois que nous entendons accuser l'enseignement philosophique d'être vague, vaporeux, sans caractère religieux déterminé, sachez que ce qu'on vous demande, c'est que le caractère religieux soit si bien déterminé que ce soit celui d'une <^ommunion particulière qui repoussera les élèves des autres communions... L'État, disait M. Guizot, l'État est laïque, l'université, qui représente l'Etat, doit être laïque. Donc, messieurs, les enseignements que donne l'université doivent être laiqvss au^si... L'université a voulu et veut toujours que renseignement philosophique de ses écoles ait un caractère séculier^. >

Telle était la doctrine de Victor Cousin, et cela non en 1830, le lendemain d'une révolution où tout le monde était plus ou moins entraîné par le mouvement et laSèvre de la -bataille, mais quatorze

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