‹ Victor Hugo à BruxellesChapitre 2 sur 3 · QUINETTE · texte numérisé non relu

QUINETTE

C'était presque impérieux. Il reçut, le jour même, de M. d'Hoffschmidt la seule réponse qui convînt. La voici :

Bruxelles, le 19 janvier 1852.

Monsieur le Ministre,

J'ai reçu la lettre que Votre Excellence ni a fait Vhonneur de rn écrire, en date de ce jour, au sujet de M. Victor Hugo.

En attendant que le Gouvernement du Roi prenne une résolution, permettez-moi de vous présenter une observation. Vous n ignorez pas, Monsieur le Ministre, que nous mettons au séjour des réfugiés politiques en ce pays des conditions précises : celle, entre autres, de s' abstenir de toute publication dirigée contre le Gouvernement de leur pays. Le jour où ces conditions ont été enfreintes, le Gouvernement na pas hésité à prendre des mesures de rigueur. C'est ce qui récemment encore a eu lieu contre les auteurs du Bulletin français (2). Mais, dans le cas actuel, V accusation portée contre M. Hugo repose jusquà présent sur une simple conjecture. C'est du moins ce qui me paraît résulter des termes mêmes de la communication de Votre Excellence.

Il y a donc là, vous voudrez bien le remarquer, Monsieur le Ministre, une question de fait à éclaircir. C'est sur ce

(1) Inédit.

2) MM. le comte d'Haussonville et Alexandre Thomas.

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point que devront se porter, d'abord, les investigations de rautorité. Des ordres ont été donnés pour qu elles aient lieu immédiate ment. J'aurai Vhonneur de vous en communiquer le résultat.

Si M. Victor Hugo ne se conforme pas au.r conditions qui lui ont été prescrites, il devra quitter le territoire belge.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Ministre, les nouvelles assurances de ma haute considération.

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