‹ Victor Hugo à GuerneseyChapitre 10 sur 43 · LA VIE DE FAMILLE A HAUTEVILLE-HOUSE · texte numérisé non relu

LA VIE DE FAMILLE A HAUTEVILLE-HOUSE

Mon retour à Guernesey (janvier 1859). — La voisine. — La carte forcée. — Chez M™"^ Drouet. — Promenades quotidiennes et excursions avec le maitre; notre visite aux dolmens. — Grandiose improvisation. — Voyage de l'auteur à Pai-is et retour.

]\I°i« Hugo vint à Paris passer la fin de l'hiver. Je l'installai, ainsi que sa fille A'dèle qui l'accompagnait, dans notre appartement de la rue Turgot. Je repartis presque immédiatement pour Guernesey, rappelé par Victor Hugo qui avait, disait-il, à me charger de recherches importantes et de travaux de la plus extrême urgence pour son livre les Misérables. Il ne voulait confier cette besogne qu'à moi seul et désirait me voir afin de me donner de vive voix les instructions

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nécessaires pour procéder aux recherches à Paris.

A mon arrivée le maître était presque seul à Hauteville-House (Charles était à Londres, François-Victor, absorbé par ses traductions de Shakespeare, ne quittait pas les bibliothèques.)

Afm de me faire bien comprendre de mon lecteur je lui demande la permission de remonter à l'époque de mon précédent voyage, pour expliquer clairement certaines circonstances relatives à M"^ Juliette Drouet. Cette dame se laissait complaisamment donner le titre de baronne qui, en un sens, allait assez bien au parti qu'elle savait tirer de son visage de vieille comédienne ayant conservé quelque beauté. Ses cheveux blancs lui donnaient une apparence de respectabilité auprès de ses fournisseurs intéressés; mais son titre d'emprunt lui était donné sans aucune conviction par les amis de Victor Hugo et, ironiquement, par la société anglaise très documentée sur son passé. On riait sous cape de la prétention excessive de la pseudobaronne, mais on la ménageait dans la pen-

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