‹ Victor Hugo à GuerneseyChapitre 24 sur 43 · MADAME DROUET · texte numérisé non relu

MADAME DROUET

im sac. Pour sauver sa dignité, le grand homme mentait avec effronterie en montrant, comme deux époux amoureux, les deux victimes de sa féroce jalousie.

La conclusion de ce voya^ge à Cythère ne laissa pas que d'être fort désagréable pour le pauvre Nanteuil. On rentra à Paris un matin de bonne heure et la séparation eut lieu sur la place de la Concorde.

Victor mit Juliette dans un fiacre qui passait, y entra après elle, et, s'adressant à son ami : « J'ai fait, dit-il, tous les frais du voyage depuis un mois, arrange-toi avec la voiture que je te laisse à payer. »

C'était une somme d'environ mille francs qu'il lui fallait se procurer et quelque habile que fût le crayon de l'artiste, il dut exécuter de nombreux titres de romances pour en gagner une partie; queques amis l'aidèrent; ceux qui existent encore aujourd'hui, rient toujours de cette aventure dont le pauvre Célestin Nanteuil garda longtemps un amer souvenir.

C'est Paul Chenavard, contemporain et ami des deux héros de l'histoire ci-dessus,

qui, sachant que j'écrivais ces souvenirs, me Ta racontée avec détails, peu de mois avant sa mort. Il participa, par un prêt d'argent, à la libération du pauvre artiste.

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