A M Y ROBSART
lui demanda s’il connaissait Am y Robsart et lui en parla comme d’une œuvre singulière et curieuse qui valait la peine d’être lue.
— Ça m’a un peu effarouché dans le temps, dit-il, et maintenant encore il y a bien des témérités où je ne me hasarderais pas, moi; mais, puisque les drames anglais ont réussi, je ne vois pas pourquoi ça ne réussirait pas. Si j’étais de Victor Hugo, je ne perdrais pas une pièce où il y a des scènes très-belles. Le cinquième acte, qui est presque tout de son invention, est d’une grande originalité.
M. Paul Foucher pria son beau-frère de lui prêter la pièce, et s’étonna, comme M. Soumet, que M. Victor Hugo ne la fit pas jouer. M. Victor Hugo lui expliqua qu'il avait fait cela à dix-neuf ans par pauvreté, mais qu’il ne lui convenait plus d’emprunter des sujets aux autres.
— Et qu’est-ce que tu feras de ta pièce?
— Je la brûlerai.
— Veux-tu me la donner?
11 prétendit que cela lui rendrait un vrai service. qu’une pièce pareille lui ouvrirait le théâtre et lui improviserait un nom.
— Ma foi, dit M. Victor Hugo, je ne regarde pas cela comme une pièce de moi. Fais-en ce que tu voudras. Walter Scott t’appartient autant qu’à moi.