‹ Victor HugoChapitre 17 sur 51 · II · texte numérisé non relu

II

Amy liobsarl, portée aussitôt à l’Odéon, lut reçue facilement et distribuée aux meilleurs comédiens du théâtre, MM. Bocage, Provost, mademoiselle Anaïs, etc. M. Eugène Delacroix voulut bien dessiner les costumes. 11 était convenu que le nom de 31. Victor Hugo ne serait pas prononcé, mais quelques phrases ou quelques indiscrétions le trahirent, et le directeur, enchanté, s’empressa de répandre le bruit «pie le drame était de l’auteur de Cromwell. 31. Victor Hugo eut beau s’y opposer, le directeur, voyant dans le nom une attraction, continua à le crier sur les toits.

La pièce fut extrêmement sifflée : « On a joué hier 3 l’Odéon, disait le lendemain le Journal tles Débats, un drame historique en cinq actes, intitulé Amy liobsart, sujet emprunté au Château de Kcnilivorlh de sir Walter Scott, et qui, traité déjà sur trois théâtres différents, reparaissait pour la quatrième fois, sans autre avantage que d’avoir été allongé outre mesure et déparé par une foule de locutions triviales. Les sifflets et les éclats de rire ont fait justice de cette vieille nouveauté. »

31. Victor Hugo, qui voulait bien donner le succès, ne voulut pas donner la chute, et écrivit immédiatement dans les journaux que les passages sifflès étaient de lui.

Ce fut pour la pièce une réclame involontaire.

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