Moniteur du 20 octobre 1S4S
dépêches du gouvernement, clôt la discussion. » Cet ordre du jour ne fut pas mis aux voix. Les crédits furent votés par 467 voix contre 168 4 .
Jjes bravos de la gauche avaient salué Victor Hugo descendant de la tribune. Montalembert, qui lui succédait, débuta par ces paroles : « Messieurs, le discours que vous venez d'entendre* a déjà reçu le châtiment qu'il méritait dans les applaudissements qui Ton t accueilli... » Un hourra d'acclamations éclate sur les bancs de la majorité. La gauche crie, s'agite ; le tumulte gagne les tribunes. Saisissant un moment de silence, Montalembert reprend : « Puisque le mot de châtiment vous blesse, Messieurs, je le retire, et j'y substitue celui de récompense. » Le tumulte redouble. C'est en vain. Le mot est dit, il restera. Montalembert continue: «Je dis donc que l'orateur a déjà recueilli pour récompense les applaudissements de l'extrême opposition, mais que la majorité dont il a fait partie jusqu'aujourd'hui, que les électeurs modérés de Paris qui, comme moi, l'ont nommé... (interruption), qui l'ont nommé pour représenter le grand parti et les grands intérêts de l'ordre ; que ces électeurs-là auront le droit de se demander si c'est pour recueillir de tels applaudissements qu'ils l'ont envoyé à cette tribune 2 . »
La majorité tout entière s'associe par ses bravos redoublés aux sentiments de son orateur. Entre elle et Victor Hugo la rupture est désormais complète, irrévo-