Dans les Demi-teintes, publiées en 1845, M. Auguste Vac
Siierie a fait au bon Dieu rhonneur de le comparer à Victor ugo. S'adressant à ce dernier, il lui dit sans plus de façons :
Il va sortir de vous un livre ce mois-ci.
Une nature encor dans votre tête est née, Et le printemps aura son jumeau cette année ! Ici-bas et là-haut, vous serez deux Seigneurs,
Et un peu plus loin :
Tous faites votre livre et Dieu (ait son printemps, El, par ce duel d'églogue, imité du vieux temps, Nous pourrons comparer un univers à l'autre.
M. Vacquerie était jeune alors ; il avait un reste de timidité" pour ne pas heurter trop fort les préjugés régnants, il se rési; gnait à placer sur la même ligne Dieu qui a créé le, monde et M. Hugo qui a écrit le Rhin; il leur partageait le prix, il les mettait ex-œquo. J'imagine qu'aujourd'hui il donnerait à Victor Hugo le prix tout entier.
VICTOR HUGO APRÈS mo
;moiscllc Rackcl ail ruiné matériellement et m
Théâtre-Français, nous nous
le moins, maïs il y on a d'autres Mais elle a i>-
rt. Personne n'a été plus mai
de ses ennemis; ils n'avaient pas de drapeau, elle
un linceul 1 Dans ce moment, elle est en Amérique ;
sle! qu'elle y réussisse, qu'elle y soit écrasée de
;lle s'y plaise, qu'elle y aime Racine, qu'elle l'y
■'ils y aient beaucoup de tragédies!
aimée de tous ceux qui n'aiment pas, elle a été <te tontes les haines, l'admiration des envieux,
des athées *,
itère avait déposé, le 21 mars i85o, un projet ilevait le cautionnement de» journaux et rétaimbre. Ce projet était en réalité fort peu meir les intérêts de la presse ; celai n'empêcha pas ;o, lorsque vint la discussion, le çtjuillet, d'acuvernement et la majorité de vouloir tuer l'esin. Ce discours ne fut du reste qu'une réédi-
discours précédents, une variation nouvelle x thème toujours le même : le gouvernement, jorité ; la majorité, c'est le parti clérical ; le cal, c'est le parti jésuite ; le parti jésuite, t M. de Montalembert. Depuis qu'il siège à la
Victor Hugo ne sort pas de là.
t à ses adversaires l'abîme où ils allaient tomla des auertissements qu'il avait donnés ans irchies. Ses paroles provoquèrent un incident 1 sa constante habitude, il a donné, dans ses •atoires, une version infidèle. Voici son texte :
1 Vacquorie, Profils et Grimaces, 1856.
Messieurs, j'ai le droit de parler ainsi. Dans mon obscurité, j'ai été de ceux qui ont fait ce qu'ils ont pu, j'ai été de ceux qui ont averti les deux monarchies, qui l'ont fait loyalement, qui l'ont fait inutilement, mais qui l'ont fait avec le plus ardent et le plus sincère désir de les sauver. (Clameurs et dénégations à droite *.)
Ouvrons maintenant le Moniteur et les autres journaux du temps. Nous y trouvons ceci :
M. Victor Hugo. J'ai été, dans mon obscurité, j'ai été de ceux qui ont averti les deux monarchies entraînées... (Exclamations ironiques à droite.)
M. de Mornay. N'abordez pas ce terrain-là, croyez-moi.
M. Victor Hugo. J'ai été de ceux-là ; les faits sont là pour le prouver...
Un membre à droite. Et les lettres aussi *.
Les interruptions sont au Moniteur; mais pour Victor Hugo elles n'existent pas. Cependant l'incident continue:
M. Victor Hugo. Je répète que j'ai été de ceux qui ont averti les deux monarchies entraînées... (Mais non t mais non!) Eh bien ! je vais vous citer une date, et vous pourrez lire ; lisez ce que j'ai dit à la Chambre des pairs le 12 juin 1847.
(M. de Montebello dit quelques mots de sa place en riant.)
M. Victor Hugo. M. de Montebello doit s'en souvenir.
M. de Montebello. Mais nonl mais non 3 !
Voici comment Victor Hugo arrange les choses :
Vous le niez? Eh bienl je vais vous citer une date. Lisez mon discours du 12 juin 1847 à ^ a Chambre des pairs- M. de Montebello, lui, doit s'en souvenir.
(M. de Montebello baisse la tête et garde le silence. Le calme se rétablit 4 .)
d. Actes et Paroles, t. I, p. 310.