‹ Victor Hugo après 1830 (volume 2)Chapitre 126 sur 138 · Se rapporte à la page 53 du tome II · texte numérisé non relu

Se rapporte à la page 53 du tome II

APPENDICE

obtenais une seconde, je créerais dans son esprit favorable pour chacun de mes collègues. Comment

Le jour de l'élection, jYi.-iîs assis auprès de Pongcrville, le meilleur des hommes; je lui dcmanil pourpoint :

— Pour qui votez-vous ?

— Pour Valant, comme vous savez.

— Je le sais si peu que je viens vous demander pour Balzac.

— Impossible.

— Pourquoi cela?

— Parce que voilà mon bulletin tout prépar V ATOUT.

— Oh ! cela ne fait rien.

Et sur deux carrés de papier, de ma plus bell j'écrivis .BALZA C.

— Eh bien t me dît Pongerville.

— Eh bien, vousallcz voir.

L'huissier qui recueillait les voles s'approcha de i remis un des bulletins que j'avais préparés. Ponger à son tour la main pour jeter le nom de Vatout da mais une lape amicale que je lui doim;ii sur les doi: faer son papier à terre. Il le regarda, parut indécis, je lui offrais le second bulletin sur lequel était écrit Balzac, il sourit, le prit et le donna de bonne grâce.

Et voilà comment Honoré de Balzac eut deux t pouillcmenl du scrutin de l'Académie >.

L'histoire est amusante, mais c'est un conte. de Vatout, bibliothécaire du roi Louis-Pbîli lieu le 6 janvier i848. Balzac, ce jour-h'i, n'a p

1. Propos de tabla dr. Victor llagn. recueillis par Ri clide. p. 243. Ce récit a été- publie doux fois du vivai Victor Hugo-, CI1 1877 iii.cn 1K79. — Kn 1877,dane la L du 8 mars sous ce litre ■ lia! in a à. l'Académie (convi Victor Hugo recueillies pur Hielmnl Lcsclirie). Comm de Balzar. eut deux voix quand il se présenta à l'Acat çaise. (Récit du 2 mars 1877.) — En 1879. flans In si remarqunble monographie du vicomte de Spoelhcrcl joui : Histoire des Œuvres de II. de Bakac, p. 399.

seule voix, par l'excellente raison qu'il n'était pas candidat. 11 n'y eut qu'un tour de scrutin, et les suffrages se répartirent de la manière suivante entre les cinq concurrents, MM. Vatout, Alexis de Saint-Priest, Gustave de Beaumont, Philarète Ghasles et Alfred de Musset :

Vatout, 18 voix.

A. de Saint-Priest, 7.

G. de Beaumont, 5.

Philarète Ghasles, 2.

Alfred de Musset, 2.

Dira-t-on que le fond de l'anecdote est exact; que Victor Hugo s'est seulement trompé de date et qu'il a voulu parler, non de l'élection de M. Vatout (6 janvier i848> mais de celle de M. de Saint-Priest, successeur de M. Vatout, qui eut lieu le 18 janvier 1849, et lors de laquelle Balzac obtint, en effet, deux voix? L'explication ne saurait être admise. En janvier 1849, Victor Hugo n'a pas pu rencontrer Balzac à Paris, dans la rue du Faubourg Saint-Honoré, devant l'église, attendu que Balzac était en Pologne depuis le mois de septembre 1848 et ne devait en revenir qu'au mois de mai i85o.

Des notes de Victor Hugo, prises au jour le jour et classées par lui sous cette étiquette : Tas de pierres , les exécuteurs testamentaires du poète ont extrait un volume publié ^n 1887 sous le titre de Choses vues.

Parmi ces notes, il s'en trouvait une portant cette date : i4 janvier, sans indication de l'année. Victor Hugo y raconte comment Alfred de Vigny et lui ont fait manquer

APPENDICE

ce- jour-là l'élection de l'Académie. «D'un côte, d portait Empis; de l'autre Victor Le Clerc. Nous lions ni de l'un ni de l'autre. Nous avons mis de) blancs ". » Suivent des détails sur les incidents c sur les voix données, aux divers tours de scr Emile Deschamps, Alfred de Musset, etc. Il s'agit remplacer M. de Jouy. Le petit épisode académiq quel se rapportent les pages de Victor Hugo est du vier 1847. Rien n'était plus facile que d'eu d ner la date ; cela exigeait tout au plus quelques r, de recherches. Les éditeurs ont jugé sans doute chose n'en valait pas la peine, et bravement ils < en tète de ce chapitre : iS5o.

Je trouve dans les Papiers de Victor Pavie un de Sainte-Beuve, relative à cet incident, et qui rt de très intéressants détails.

Ce 18 janvier (1847).

Vôtre lettre me fait un vrai plaisir. On aime à gai les amis tiennent toujours, même de loin, même à tra distances elles années. Quelques notes connues suffisi rendre tout le chant qui est si cher et que pourtant chanle plus. Vous avez sunLi, me dilcs-vous, .v<; rèoe.ill à/ne antique en lisant Eschyle. Et moi, j'ai senti, e Théocrite 1 , se réveiller mon âme pastorale, celte âme d'or que tant de couches d'airain el qui est enfouie au fond de notre pass du présent? Nous avons fait manqiii Le Clerc : décidément cet homme e l'Université; c'est bien rance, coi l'Académie. Bref, sans nous être ■ moi el un ou deux autres, nous même il y a eu une voix qui s'est amusée ù écrire su<

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