‹ Victor Hugo après 1830 (volume 2)Chapitre 29 sur 138 · Cartons de Victor Pavie · texte numérisé non relu

Cartons de Victor Pavie

*s VICTOR HUGO APRÈS 1830

lait M»* Hugo '. Victor Pavie a été l'une des plus belles âmes de ce temps, sa vie fut un modèle de vertu, de charité, de désintéressement. Avoir été son ami est un honneur. Que cet honneur du moins demeure acquis à Victor Hugo 1 D'autres amitiés ont mené plus de bruit autour du grand poète. S'il en est une qui puisse servir sa mémoire et qui la doive protéger, c'est celle de ce noble cœur et de cet admirable chrétien, — c'est celle de Pavie.

C'est une des misères, et peut-être une des grandeurs de la vie, que les coups affreux qui sembleraient devoir la briser ont à peine le pouvoir de la suspendre. Un jour vient, un jour prochain, hélas ! où nous reprenons notre tâche accoutumée, où nous continuons notre route, où nous poursuivons notre but d'hier, notre ambition de la veille. Tâchons du moins que le souvenir de ceux qui sont partis ne nous quitte plus ; n'oublions jamais qu'ils voient toutes nos actions, et ne les faisons pas rougir là-haut, dans les cieux.

Victor Hugo était jeune encore ; dans toute la force et tout l'éclat de son génie, il croyait le moment venu de réaliser le rêve de sa jeunesse, lorsque, à dix-huit ans, à Soumet lui demandant si son intention était de suivre uniquement la carrière des lettres, il répondait qu'il espérait devenir un jour pair de France*. Il ne tarda

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