‹ Victor Hugo après 1830 (volume 2)Chapitre 34 sur 138 · Chroniques parisiennes, y · texte numérisé non relu

Chroniques parisiennes, y

cher ce côté faible et sensible de sa nature *... » Un article de Charles Labitte, dans la Revue des Deux-Mondes, traduisit très exactement l'impression générale; en voici les dernières lignes :

Certes, on comprendrait à la rigueur que M. Victor Hugo, librement discuté au dehors par M. Saint-Marc Girardin, lui eût fait poliment quelques-unes de ces objections ou d'autres pareilles ; mais c'était à la condition, imposée par les plus simples convenances académiques, de rendre justice au brillant passé d'un confrère dont l'avenir pourrait être plus brillant encore. Le récipiendaire précisément avait revendiqué dans son spirituel discours « la plus vieille et la plus gracieuse des libertés françaises, la liberté de la bonne compagnie, où tout peut se dire, pourvu que tout se dise bien ». M. Hugo a profité de la liberté, mais pas du précepte ; il a oublié que dans les tournois littéraires la chevalerie est encore de mise. Sa harangue tendue et lourde a quelquefois atteint l'éloquence, et nulle part l'urbanité. On sait le profond dédain que M. Victor Hugo professe pour la critique : comment l'illustre poète a-t-il donc consenti à s'essayer dans un genre si misérable, et comment, s'abaissant jusque-là, a-t-il si mal réussi 2 ?

Victor Hugo avait une revanche à prendre ; la réception de Sainte-Beuve va lui en fournir l'occasion.

Sainte-Beuve s'était mis sur les rangs pour remplacer Casimir Delavigne. C'était sa première candidature, il était jeune, il pouvait attendre 3 ; mais il ne l'entendait point ainsi et apportait dans sa poursuite une véritable passion. Il voulait pouvoir dire :

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