Lerminier, loc. cil
i. Les Cahiers de Sainte-Beuve, p. 33.
LE RUl.N. - LES BURGRAYES 15
oiseau ». Qui pouirait dire le nombre de ses antithèses? IMais aussi qui pourrait les lui reprocher, après avoir lu cette j)lirase, qui me semble s'adresser bien moins à lami profond et cher qu'à ces mécréants de critiques : « Vous savez que le bon Dieu est le grand faiseur d'antithèses * / »
Il n "en reste pas moins que ces lettres renferment des descriptions superbes, d'une fougue de pinceau, d'une puissance de coloris prodig-ieuse. En face des cathédrales, des vieux donjons, des grandes ruines qui se mirent dans le fleuve, l'auteur de Notre-Dame de Paris s'est retrouvé tout entier. Rien n'est tel que les pierres pour inspirer Victor Hug'o, il est là dans son élément; mais là encore il est colossal, démesuré, cyclopéen, et l'admiration ne va pas sans fatig-ue. Au sortir de cette lecture, Victor Pavie écrivait à David d'Ang-ers, le 7 février 1842 :
Avez-vous remonté le Rhin, non en hatcau, cette fois, ni ' en voiture, mais en Victor Hugo ? C'est lui, deux fois pour une, réverbéré dans le fleuve, poète sans fin tirant de ceci une voix, et de cela une étincelle. A-t-on pétri le monde avec ce despotisme étrange qui fait que tout le paysage ne jure que par lui ! Un si rude gantelet à la longue vous froisse. On revient de cette lecture sufToqué et meurtri, comme une proie tombée des serres d'un aigle-.
La partie lég-endaire du lihin, — le beau Pécopin et la belle Bauldour, — est un conte bleu, écrit à Bingen, par un beau jour d'été. « Voici une histoire pour vos petits enfants, )j écrivait le poète en l'envoyant à un de ses amis. Le tort de Pécopin, qui est d'ailleurs un joyau de valeur