Moniteur du 30 janvier
n. Il
les VICTOR HUGO APRES 1830
— A droite : Très bien ! — ^'ive approbation à droite,
— A droite : Oui ! oui ! — A droite : C'est vrai !
A la fin du discours, le Moniteur met : Approbation à droite. Victor Hugo bifle cette mention compromettante et y substitue ces mots : Mouvement prolongé.
Supprimer tout ce qui rappelle l'adhésion de la droite, c'est bien, mais ce n'est pas assez. Pour atteindre son but, besoin est que Victor Hug-o élague également tout ce qui, dans le Moniteur, révèle l'hostilité, l'indignation, les colères de la gauche. Il n'a garde d'y manquer et rature encore ceci: Exclamations et rires à gauche. • — Nouvelle interruption à gauche. — Plusieurs membres à droite : Attendes le silence. — Nouveaux rires à gauche. Vive approbation à droite. — Rires^ au banc de M. Ledru-Rollin. — liéclamations à gauche. — Rumeurs à gauc/ie. — ^4 gauche : Allons donc ! — A gauche : Personne n'a dit cela! — Réclamations à gauche. — Rires ironiques à gauche- Voix à droite : C'est vrai ! — A gauche: Ah! Ah! — A droite : C'est indécent. Ce sont des exclamations d'écoliers^.
Deux incidents de son discours nous le montrent (dans le Moniteur) aux prises avec les deux principaux orateurs de Textrème gauche, Jules Favre et Ledru-Rollin .
M. Jules Favre. Je n'ai pas dit un mot de cela.
M. A'iCTOR Hugo. Si on ne le dit pas, on le pense, et je réponds à la pensée {approbation ù droite), et c'est mon droit. {Parle: .')
Ledru-Rollin n'interrompit point les périodes de Victor Hu^o; il se contenta de hausser les épaules et de rire. D'où ce petit épisode :
i. Monileur du 30 janvier 1849..
[L'ordieur se tourne vers le banc de M. Ledrii-Rollin.) En vérité, monsieur Ledru-Rollin, c'est puéril.
Plusieurs membres à droite. C'est un parti-pris d'interrom|)re.
M. Denjoy. Il y a quatre ou cinq membres qui interrompent ainsi constamment.
Un Membre. C'est au banc de M. Ledru-Rollin.
Le Président. J'invite ces messieurs à vouloir bien écouter en silence. On respecte le droit de la tribune en leurs personnes; ils doivent le respecter dans leurs collègues '.
Supprimé riiicidont Jules Favre. Supprimé l'incident Ledru-Rollin.
Par 4i6 voix contre 4o5, l'Assemblée avait décidé de passer à une seconde délibération. Le 7 février, la proposition Râteau, amendée par M. Lanjuinais, fut votée par 470 voix contre 387. La séparation ne devait plus avoir lieu à jour fixe. L'Assemblée, retenant à son ordre du jour la loi sur le Conseil d'Etat et la loi sur la responsabilité du Président et des ministres^ n'y ajouterait plus que la loi électorale; cette dernière loi une fois votée, on procéderait à la confection des listes, et les élections auraient lieu le dimanche qui suivrait la clôture de ces listes. A cet ordre du jour ainsi rég-lé, on ajouta, sur la motion des citoyens Dépasse, Pascal Duprat, Dupont et Dezcimeris, le vote du budget de 1849. ^'^ictor Hug-o avait naturellement voté, ainsi que tous les membres de la droite, contre cette motion*.
Désormais les jours de l'Assemblée constituante étaient comptés. La période électorale était ouverte.
i. Moniteur du 30 janvier d84'J.