‹ Victor Hugo après 1830 (volume 3)Chapitre 110 sur 159 · II · texte numérisé non relu

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dopter le décret lui-même. » L'article 2 de ce décret autorisait « le pouvoir exécutif à étendre l'état de sièg-e aux villes dans lesquelles semblables insurrections éclateraient «.C'était l'état de siQq;e facultatif , remis à la discrétion du Président et de ses ministres : mesure exorbitante à coup sûr et dont Victor Hugo et ses collèg-ues de la commission prenaient la responsabilité devant l'Assemblée et devant le pays. Cette responsabilité, les collègues du poète l'accepteront tout entière et jusqu'au bout. Quant à lui, il en sera quitte pour écrire tranquillement plus tard, beaucoup plus tard, en 1870 : « A quelque époque que ce fût, M.Victor Hug-o reg'arda comme de son devoir de résister à VETAT DE SIÈGE, sous quelque forme qu'il se présentât^. » 894 voix, 'dont celle de Victor Hug-o, votèrent l'état de sièg-e; il y eut vine:t-deux opposants "^.

L'Assemblée eut à statuer, le iq juin, sur un autre projet de loi présenté par le ministère, et aux termes duquel le g-ouvernement était autorisé , pendant une année, à interdire les clubs et autres réunions publiques de nature à compi^omettre la sécurité. La gauche refusa de prendre part à la discussion d'une loi qui constituait à ses yeux une violation de la Constitution, — laquelle, en effet, avait inscrit le droit de réunion parmi les droits des citoyens ^. Victor Hugo était si éloigné à ce moment de partager les sentiments de la gauche qu'il n'hésita pas à armer le gouvernement contre les clubs et les réunions publiques *.

Les premières séances de l'Assemblée législative, les

1. Avant l'éxil, p. 459. — Voy., ci-dessus, chapitre vu, les votes de Victor Hugo en faveur de l'état de siège en 1848.

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