Moniteur du 10 juillet
Z. Avant l'exil, p. XXYIII.
à ce vaillant, qu'a-t-il fait pendant la guerre ? Il a fait des vers, et nous savons, par une de ses lettres, qu'il les a vendus fort cher *. Il s'est coitFc du képi et il a été des derniers à le quitter. Quoi encore? A l'assemblée de Bordeaux, il ne se faisait pas faute d'entretenir ses auditeurs des g-ardes qu'il avait montées, de ses persévérantes démarches pour obtenir d'être envoyé aux remparts. Un de ses collèg-ues, M. Courcelle, repré.sentant de la Haute- Saône, rapporte à ce sujet, dans ses Souvenirs inédits, une anecdote qu'il veut bien m'autoriser à reproduire ici. Tous deux faisaient pai'tie du premier bureau de l'Assemblée, présidé par l'amiral La Roncière Le Nourv. Un jour, Victor Hug-o parla, selon sa coutume, de sa conduite pendant le siège, du violent désir qu'il avait eu, du commencement à la fin, de marcher à l'ennemi. Et désig-nant le président : — « Oui, continua-t-il, mon noble ami, mon vaillant ami l'amix^al, qui est là, vous dira que j'ai voulu partager ses dangers, que je l'ai, à plusieurs reprises, sollicité pour le faire. » — N'y tenant plus, l'amiral se tourna vers son voisin, et, se faisant de sa main un écran, lui dit à demi voix : — « Mais ce n'est pas vrai! Ce n'est pas vrai ! Je l'ai un jour invité à déjeuner dans mon fort, et il n'a jamais osé venir ^ ! »
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Il nous faut revenir à i84q et à « l'histoii^e » contée par Victor Hugo pour expliquer « ce qu'on a appelé son apostasie ». Cette <i histoire ne » tient pas, nous ve-
1. Lettres inédites de Victor Hugo, publiées par M. Henry Lapauze dans le Figaro du 21 févi'ier 18'Jl.