‹ Victor Hugo après 1830 (volume 3)Chapitre 114 sur 159 · Moniteur du 10 juillet · texte numérisé non relu

Moniteur du 10 juillet

qu'elle étouffe « les chimères du socialisme sous les réalités de V Evangile *«. #

Bien qu'il eût, dès cette époque, écrit en partie son livre sur les Misérables 2, Victor Hugo n'apportait sur ce grand sujet, la Misère, aucune idée, aucune vue nouvelles. Au fond, tout son discours roulait sur un lieu commun, le plus vulgaire du monde et le plus rebattu, sur l'insuffisance de la force matérielle pour rétablir et conserver l'ordre, sur la nécessité de faire la paix, non seulement dans la rue, mais dans les esprits et dans les cœurs. Mais cela, nul ne le contestait. A quoi bon dès lors monter à la tribune pour proclamer pompeusement une vérité reconnue et acceptée de ^tous, à droite aussi bien qu'à gauche? Victor Hugo, afin de motiver sa harangue^ supposait que cette vérité était violemment combattue; que beaucoup, parmi ses collègues, la repoussaient, estimant qu'il n'y avait rien à faire, que la répression suffisait pour le présent et la compression pour l'avenir, que tout le reste était déclamation et chimère. Il commença ainsi : « Messieurs, j'entends dire, à tout instant, ei j'entendais dire encore tout à l'heure autour de moi, au moment où j'allais monter à cette tribune, qu'il n'y a pas deux manières de rétablir l'ordre. On disait que dans les temps danarchie il n'y a de remède souverain que la force, qu'en dehors de la force, tout est vain et stérile^ et que la propo.sition de l'honorable M. de Melun et toutes autres propositions analogues doivent ê:re tenues à l'écart, parce quelles ne sont, je

1. En plusieurs cndroils de son discours, Victor avait parlé des chimères du socialisme. Dans son texle, revu et corrigi' à l'époque où, devenu socialiste, il essayait de faire croire qu'il l'avait toujours été, il a mis : les chimères d'UN CERTAIN socialisme. (Cf. Avaiit Vexil, pp. 206 et 207, et le Moniteur du 10 juillet 1849.)

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