‹ Victor Hugo après 1830 (volume 3)Chapitre 122 sur 159 · Actes el Paroles, t J, p · texte numérisé non relu

Actes el Paroles, t J, p

L'ASSKMBLLiE LÉGISLATIVE ii»?

Antoine ri'vollé *. » En 187."), tout est clianii-é : le sourire de M^'"" AtlVe n'est plus sublime, le faubourg- Saint- Antoine n'est plus révolté -.

Le discours sur la déportation, prononcé dans la séance du 5 avril i85o, est un morceau littéraire soigneusement travaillé, éloquent par endroits, mais où l'éloquence est souvent voisine de la déclamation. 11 lut aisé de voir ce jour-là que Victor Hug-o, en dépit de ses merveilleuses qualités d'écrivain, ou plutôt à cause de ces qualités même, n'était à aucun deçré un homme de tribune. La moindre inteiTuption le démontait. Il venait de dire : « Qu'une révolution survienne, les hommes d'aflaires, les cens habiles, ne sont plus que des nains. » — « Et les imbéciles sont des g-éants ! » s'écria une voix à droite, celle de M. Boissié 3. Certes, le mot n'atteignait pas Victor Hug-o. Quelle riposte eût lancée aussitôt un Berryer, ua Guizot, un Montalembert! Victor Hug-o perd contenance, regarde la droite, la g-auche, cherche une réponse qui ne vient pas. Il se retourne vers le président, comme pour lui demander aide et protection. M. Dupin, qui jouit malicieusement de son embarras, se garde bien de l'en tirer. A la fin. Victor Hug-o, au milieu de l'hilarité g-énérale, reprend purement et simplement sa phrase, telle qu'il l'avait écrite dans son cal)inet*. — Quelques instants après, il fit remarquer que si la loi en discussion eût existé en 1848 et que la révolution eût été vaincue, Louis-Philippe aurait pu déporter M. Odilon Barrot. Ce dernier se leva: « J'ai défendu ce gouvernement, dit-il,

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