‹ Victor Hugo après 1830 (volume 3)Chapitre 123 sur 159 · L Opinion publique du G avi'il ISoO · texte numérisé non relu

L Opinion publique du G avi'il ISoO

je n'ai pas conspiré. Si je m'honore de quelque chose dans ma carrière politique, c'est de n'avoir jamais conspiré contre aucun gouvernement; c'est d'avoir défendu jusqu'au bout et le dernier la Constitution de mon pays. Si vous appelez cela un attentat, et s'il y avait un g"ouvernement au monde, fût-ce celui de vos amis, qui punît le respect et la défense des lois comme un attentat, ce parti serait d'avance jug-é et vous seriez bien malheureux de lui appartenir ^. » De nouveau pris au dépourvu, Victor Hug-o s'arrête, cherche et ne trouve rien. Une voix lui crie : Mais répondez donc ! — Une autre ajoute : Ah! c'est fjue cela n'était pas prévu- .'Victor Hugo cherche toujours et finit par trouver ceci : « L'honoi^able M. Odilon Barrot, dont personne plus que moi n'apprécie le noble caractère (Rire prolongé sur les bancs de la majorité), l'honorable M. Odilon Barrot s'est mépris sur le sens de mes paroles. Quand j'ai parlé d'une justice qui aurait pu l'atteindre, je n'ai pas parlé d'une ^mstice juste, j'ai parlé d'une justice injuste. Je répète que je parle d'une justice injuste ; c'est la justice des partis. Or la justice injuste frappe l'homme juste, et pouvait et peut encore frapper M. Odilon Barrot ^. » On devine l'explosion de rires qui accueillit cette mirifique trouvaille sur la justice injuste qui fraptpe l'Iiomnie juste !

Chacun de ses discours donna lieu du reste à des incidents pareils, religieusement passés sous silence dans son volume Avant l'exil.

Dans la séance du 9.1 mai i85o, lors de la discussion

1. Moniteur du 6 avril IbaO. Victor Hugo a tronqué les paroles d'Odilon Barrot. Il faudrait du reste un volume, — justwn volument — si l'on voulait signaler toutes les altérations qu'il a fait subir aux t(;xtes du Moniteur.

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