‹ Victor Hugo après 1830 (volume 3)Chapitre 139 sur 159 · PARTOUT OU JE SERAIS · texte numérisé non relu

PARTOUT OU JE SERAIS

1, Jlislùire (ïun crime, t. I, p. 107.

L'attitude était héroïque, mais l'adresse était un peu vag-ue.

Le faubourg" Marceau cependant ne bougeait pas. La rive g-auche restait calme. Le quartier latin dormait. Victor Hug-o va se charg-er de le réveiller.

Deux de ses coUèg-ues de la g-auche, M. Jules Simon et M. Crépu *, le rencontrent sur les boulevards, auprès du passag-e des Panoramas. Victor Hugo dit à M. Jules Simon : « Si je me faisais tuer au quartier latin, et que l'on portât mon cadavre par les rues, croyez-vous que cela soulèverait les étudiants ? — Je n'en doute pas, » répond M. Jules Simon. Victor Hug-o lui serre la main et descend par la rue Vivienne. « Y pensez-vous? » dit M. Crépu à M. Jules Simon, et celui-ci de le rassurer : « Oh ! il est sincère, mais il y a loin dici le quartier latin*! »

Ceci se passait le 3 décembre. Toute réflexion faite, Victor Hugo reste sur la rive droite. Il prend un fiacre, arrive place de la Bastille et se trouve en face du g^énéral Marulaz, entouré de son état-major et à la tête de trois rég-iments en bataille. A deux pas du général^ des commissaires de police, des officiers de paix et ving-tserg'ents de ville. Victor Hug-o fait arrêter son fiacre... Mais ici encore il convient de le laisser parler lui-même :

Je m'arrachai mon écharpe, je la pris à poignée et, passant mon l)ras et ma tête par la vitre du fiacre baissée et agitant l'écharpe, je criai :

— Soldats, regardez cette écharpe. C'est le symbole de la loi, c'est l'Assemblée nationale visible. Où est cette écharpe est le droit. Eh bien ! voici ce que le droit vous ordonne. On vous trompe, rentrez dans le devoir. C'est un représentant du peuple qui vous parle, et qui représente le peuple représente l'ar-

Page 1