M. Jules Simon, Revue de famille, septembre
mce. Soldats, avant d'être des soldats, vous avez été des paysans, vous avez été des ouvriers, vous avez été et vous êtes des citoyens. (Citoyens! écoutez-moi donc quand je vous parle. La loi seule a le droit de vous commander. Eh bien! aujourd'hui, la loi est violée. Par qui? Par vous. Louis Bonaparte vous entraîne à un crime. Soldats, vous qui êtes l'honneur, écoutez-moi, car je suis le devoir. Soldats, Louis Bonaparte assassine la République. Défendez-la. Louis-Bonaparte est un bandit, tous ses complices le suivront au bagne. Ils y sont déjà. Oui est digne du bagne est au bagne. Mériter la chaîne, c'est la porter. Regardez cet homme qui est à votre tête et qui ose vous commander. Vous le prenez pour un jénéral, c'est un forçat.
Les soldats semblaient pétrifiés.
Quelqu'un qui était là (remerciement à cette généreuse âme dévouée) m'étreignit le bras, s'approcha de mon oreille et me dit :
— Vous allez vous faire fusiller.
Mais je n'entendais pas et je n'écoutais rien. Je poursuivis, toujours secouant l'écharpe :
— V^ous qui êtes là, habillé comme un général, c'est à vous que je parle. Monsieur. Vous savez qui je suis ; je suis un représentant du peuple et je sais qui vous êtes, et je vous l'ai dit, vous êtes un malfaiteur. Maintenant voulez-vous savoir mon nom ? Le voici :
Et je lui criai mon nom.
Et j'ajoutai :
— A présent, vous, dites-moi le vôtre.
Il ne répondit pas.
Je repris :
- — Soit, je n'ai pas besoin de savoir votre nom de général, mais/e saurai votre numéro de (julérien.
L'homme en habit de général courba la tète. Les autres se turent... J'eus un mépris énorme, et je passai outre. Je m'engageai dans la rue du P'aubourg-Saint-Antoine '
L'auteur de V Histoire d'un crime ne se pique pas de log-ique. Dans cette Histoire niênio, dans Napoléon le Petit et les Chàliinenls, il traito les soldats d'assassins