Lettres de Victor Hugo aux Berlin, p
*2 VICTOR nUGO APRÈS 1S30
senal de la marine, le basane et la ville. Les personnes qui le reconnurent se promenant avec tranquillité sûr la place d'armes se doutèrent bien qu'il is^norait le coup affreux dont il venait d'être atteint. Ouehjues moments après, M. Victor Hugo entra au café de l'Europe avec un ami qui raccompa2;nait.
Là il se mit à parcourir un journal en attendant son déjeuner, lorsque tout à coup ses yeux se remplirent de larmes : il venait de lire la fatale nouvelle. Aussitôt il montra l'article à son compagnon, qui fut frappé de stupeur. La vue de ce pauvre père au désespoir était un spectacle bien douloureux. M. Victor Hus^-o a voulu partir inmiédiatement pour la Rochelle; mais comme les voitures étaient toutes retenues, il a été obliçi'é de monter sur l'impériale. Il voyage sons le nom de Georget.
Tous les journaux reproduisirent l'article de la Presse; seulement il est remarquable que tous s'accordèrent à supprimer la dernière ligne.
Arrivé à Paris, Victor Hug-o écrivait à M'"" Mennessier- Nodicr :
Dimanche, i.'') septcndjrc.
Chère Mario, je n"ai pu vous répondre tout de suite. Un sançlot ne s'envoie pas dans une lettre. Elle vous aimait bien. L'an dernier, à pareille épocjue, à Chauffontaine, nous vous lisions ensendjie. Elle pleurait alors sur votre père, comme aujourd'hui vous pleurez sur elle.
A vous mon vieux cd'ur '.
Le 17 septembre, A'iclor Pavie recevait de lui ce billet :
Je ne vis plus, mon pauvre ami, je ne pense plus : Je souffre, j'ai l'œil fixé sur le ciel : j'attends.
Que de belles et touchantes choses vous me dites! les cœurs
1. Je dois cette lettre, ainsi que celles que j'ai publiées d.ins la première partie de cette étude, à une gracieuse communication de M™« Marie Mennessier-Nodier.
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comme lo vôtre romprenncnl tout parce qti'ils contiennent tout. Ilt'Ias! ([iiel ani>ej'ai perdu!
Soyez heureux, soyez béni. Ma bénédiction doit être a2,"réable à Dieu, car près de lui les pauvres sont riches et les malheureux sont puissants.
Je vous serre tendrement la main.