Léon Gozlun, Balzac en pantoufles,^. 14o
4 VICTOR HCGO APRES 1830
apiTS k réception de Victor Hugo à l'Académie, la Mode publiait un article intitulé : la Fronde du pavillon Jlai'san, où se lisaient ces lignes :
... Le pavillon Marsan se prépare, dit-on, à une attaque plus sérieuse. Il recrute activement tous les jeunes cœurs qui battent dans une poitrine d'homme, ainsi que toutes les barbes de bouc et toutes les crinières flottantes qui décorent les lions de la poésie et du feuilleton. A la tète de cette phalana^e, qui brûle d'en venir aux mains avec le pavillon de Flore, marche très haut et très puissant Victor Hug'O... On assure que Mme la princesse Hélène, se voyant au moment de coiffer la couronne de France, aurait ainsi formé son conseil des ministres :
Ministre de la cfuerre, président du conseil: M. Victor Hugo.
Ministre des affaires étrangères : M. Théophile Gautier.
Ministre des finances: M. Alfred de Musset.
Ministre de la justice: M. Granier de Cassagnac.
Ministre de la marine: M. de Lamartine.
Ministre de l'intérieur : M. Léon Faucher '.
Ce n'était qu'une plaisanterie, d'un goût assez médiocre, et dont le seul mérite est d'indiquer quelles étroites relations unissaient alors le pavillon Marsan et la place Royale. Le roi Louis-Philippe ne laissa pas d'en éprouver quelque mécontentement. Il dit un soir à son fils :
« Ferdinand, sachez qu'il ne doit y avoiraux Tuileries qu'un seul roi, qu'un .seul salon et qu'une seule cheminée. D'ailleurs, la mienne chauffe tout aussi bien que la vôtre. Vous me ferez plaisir toutes les fois cjue vous et la duchesse viendrez y prendre place 2. »
Victor Hug-oen fut quitte pour cchang-er la Cheminée du duc d'Orléans contre la Cheminée du roi.
\. La Mode, 1841, t. II, p. 343.